Spoils system : la santé n’est pas épargnée

Hauts fonctionnaires, tremblez !

Le président de la République a donné aux ministres six mois pour confirmer ou changer leurs principaux patrons d’administration. Le ministère des Solidarités et de la Santé n’est pas épargné par le "Spoils system" voulu par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron l’avait promis, il le fait. Enfin, comme il peut. Aux États-Unis, entre 3 000 et 4 000 membres de la haute fonction publique sont remplacés à chaque changement de majorité afin d’améliorer l’application des mesures votées, avec une administration aux ordres. C’est ce qu’on appelle le système des dépouilles, ou spoils system. Le nouveau chef de l’État a décidé d'opter pour cette philosophie, mais à l’Élysée, on tempère.

« En France, on ne licencie par les hauts fonctionnaires, protégés par un statut », explique le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler, cité par Le Point. Mais comme on ne peut pas les débaucher, on les déplace, raconte l’hebdomadaire dans son enquête. Ce sont 30 changements de patrons d’administration qui ont été effectués depuis le 24 mai. Parmi les ministères les plus concernés, les Armées, l’Intérieur, l’Éducation nationale et… la Santé !

Les jumelles Courrèges aux manettes 

Mais que nos hauts fonctionnaires se rassurent, ce sont plutôt des promotions qui ont eu lieu dans les administrations sociales... pour le moment. La direction de la Sécurité sociale (DSS) a vu son patron, Thomas Fatome, promu directeur de cabinet adjoint rue de Varenne, auprès du Premier ministre. Il a été remplacé par l’ancienne directrice à l’organisation des soins de la Caisse nationale de l’assurance-maladie (CNAM) : Mathilde Lignot-Leloup (organigramme).

Jusqu'à présent, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) était elle dirigée par intérim par Katia Julienne, l’adjointe d’Anne-Marie Armanteras-de Saxcé, partie rejoindre le 10 avril dernier la future ministre au sein du collège de la Haute Autorité de santé (HAS). A sa tête, on trouvera désormais Cécile Courrèges, ancienne directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire et ex-conseillère technique Santé à Matignon au cours du précédent quinquennat. Notons que sa soeur jumelle (Anne), également haut fonctionnaire, est depuis fin 2014 directrice générale de l’Agence de la biomédecine. Pratique non ? 

Six mois pour les confirmer ou les changer

Enfin, Hélène Brisset, ancienne patronne de la direction des systèmes d’informations (DSI) du ministère de la Santé, est promue directrice de cabinet du secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi. Son successeur ne s’est pas encore fait connaitre.

Un spoils system plutôt favorable aux ministères sociaux en somme. Mais le délai fixé par le chef de l’État est loin d’être écoulé. « Chaque ministre dispose de six mois pour évoluer le degré d’engagement et de loyauté de ses principaux patrons d’administration », indique Alexis Kohler à nos confrères du Point. « Six mois pour les confirmer ou les changer. Nous ne voulons ni instabilité ni incertitude. Donc c’est maintenant ou changer. » Hauts fonctionnaires de la Santé, soyez à la hauteur !

Source: 

Thomas Moysan

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

La retraite universelle « n’est pas adaptée à l’exercice libéral » et est « source, pour les médecins libéraux, d’une rétrogradation sociale », selon...
Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a décidé d’examiner les voies juridiques d’un recours au Conseil d’Etat contre un décret...
L’application du décret tarde à se mettre en place

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.