Ces médecins doivent payer 100 000€ pour avoir oublié de déclarer que le cabinet médical qu’ils ont racheté est resté un cabinet médical

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Des cardiologues parisiens ont été assignés en justice par la Ville, qui leur réclame jusqu’à 100 000 euros et la restitution de leurs locaux. La raison : l’absence de déclaration de changement d’usage lors du rachat des lieux, alors même que ceux-ci accueillaient déjà un médecin.

Ces médecins doivent payer 100 000€ pour avoir oublié de déclarer que le cabinet médical qu’ils ont racheté est resté un cabinet médical

© Midjourney x What's up Doc

 

Situé dans le XIe arrondissement de Paris, le cabinet est occupé par les Drs Demir Onger (cardiologue) et Sandra Clavier (cardiopédiatre). Le premier avait acquis les locaux en 2001 auprès d’un médecin ORL qui y exerçait depuis les années 1940, comme le relate Le Parisien

À l’époque, le Dr Onger indique acquérir le bien à des fins professionnelles, mais ne pense pas à effectuer la procédure de changement d’usage.

« Les parties ont oublié de le faire, car il s’agissait déjà d’un cabinet médical », explique la Dr Sandra Clavier au Parisien. Une démarche pourtant nécessaire juridiquement, même si le local accueillait déjà une activité médicale

Une tentative de régularisation refusée

La Ville de Paris a signalé l’irrégularité au Dr Onger il y a environ deux ans. Une première demande de régularisation, déposée avec un avocat, a été rejetée. Les médecins prévoient désormais de présenter un nouveau dossier.

Mais entre-temps, la municipalité les a assignés devant la justice. L’audience, annoncée pour le 17 août, pourrait conduire au paiement d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros ainsi qu’au départ des praticiens, selon Le Parisien

La Dr Clavier dénonce une application disproportionnée de la réglementation. « On accueille 5 000 patients par an et on doit faire face à une application rigide des règles d’urbanisme », affirme-t-elle, regrettant une « administration aveugle ».

D’autant que le cabinet assure une activité de cardiopédiatrie, une surspécialité peu représentée, et que les deux confrères exercent en secteur 1 et en secteur 2-Optam.

Soutien des élus et de l’URPS

Jean-Pierre Plagnard, adjoint au logement de la mairie du IXe arrondissement, a pris la défense des praticiens. « On doit faire la chasse aux meublés de tourisme, d’accord. Mais il me semblait qu’il y en avait 60 000 à régulariser. Je ne comprends pas que le cas du cabinet des Drs Onger et Clavier soit prioritaire », a-t-il déclaré au quotidien.

Selon l’élu, le contrôle aurait été déclenché par le signalement d’un voisin se plaignant du passage des patients dans l’immeuble.

L’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Médecins libéraux d’Ile-de-France est également intervenue, demandant, dans une adressée au maire de Paris Emmanuel Grégoire, à renoncer à la procédure et de rechercher une issue à l’amiable.

Sollicitée par le journal, la Ville rappelle que la réglementation « s’applique à toutes les situations concernées ». Lorsqu’un logement est durablement transformé en local professionnel, une autorisation de changement d’usage est obligatoire, souligne-t-elle, ajoutant que ses services ne peuvent pas « déroger aux règles au cas par cas ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/video/droit-dans-ma-blouse-medecins-faut-il-etre-locataire-ou-proprietaire-de-son-cabinet

Les médecins ont parallèlement lancé une pétition en ligne pour obtenir le maintien de leur activité dans les locaux.

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