C à 25 euros : Pas d’amnistie à Romillé

Les médecins frondeurs condamnés

Après deux ans de passes d’armes avec leur CPAM, les quatre généralistes de la petite ville de Romillé, en Ille-et-Vilaine, qui avaient anticipé la cotation à 25 euros se sont vus confirmer une sanction : deux mois de suspension de prise en charge de leurs cotisations sociales. Pour deux d’entre eux, affiliés à la FMF, leur syndicat prendra en charge la sanction.

Grand-Mère a puni Romillé, et le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie est resté raide comme la justice. Fidèle à sa parole, il n’a pas laissé de place aux remords envers les médecins généralistes en secteur I qui avaient anticipé la hausse de la consultation C à 25 euros.

Les quatre généralistes devront y passer. Après une première décision de la Commission paritaire régionale de Bretagne de six mois de suspension de prise en charge des cotisations sociales, puis des discussions qui l’avaient réduite à seulement un mois, ce sont finalement deux mois fermes que se sont vus infliger les MG, par la CPAM. Alors, c’est qui le patron ?

Arrête, tu m’fais peur

Retour sur les faits : les quatre médecins un peu pressés n’avaient pas attendu le 1er mai 2017 pour revaloriser leurs honoraires de 2 euros. Ils étaient passés à la consultation à 25 euros dès janvier 2016. « Avec ces deux euros, qui sont à la charge du patient, il y a un côté symbolique, on risque d'ouvrir la porte à d'autres dérives », expliquait au Figaro Caroline Bonnet, la directrice adjointe de la CPAM 35, en novembre 2016. La procédure de sanctions avait déjà été lancée, menaçant jusqu’à l’interdiction temporaire d’exercer. La directrice de la CPAM aurait même fait pression auprès du maire de Romillé…

On ne négocie pas avec les rebelles, semblent penser les caisses d’assurance maladie. Aucune amnistie, même pas de deal qui satisfasse les deux parties.

Tu fais bondir mon p’tit coeur

Pour deux médecins, la FMF s’est engagée à compenser la sanction. « L’appel au passage à 25 euros avant l’heure n’était pas un mot d’ordre de la FMF, néanmoins la FMF a décidé de prendre en charge les pénalités de ses 2 adhérents concernés », explique le syndicat dans un communiqué.

Il s’insurge en même temps contre les « attitudes d’autoritarisme déplacé » de Nicolas Revel, qui ne respecte pas les décisions des Commissions paritaires de l’Ille-et-Vilaine et de Bretagne. « Les directeurs de caisse ont tous les pouvoirs », reproche-t-il. En représailles, le syndicat a décidé de ne plus y siéger. Il fait quoi maintenant, le patron ?

Crédit photo : capture d'écran Titi & Grosminet (Warner Bros)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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