Budget de la Sécu : les biologistes médicaux ne veulent pas encore payer le prix fort

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Les représentants des laboratoires d'analyses médicales ont accusé mercredi le gouvernement « d'enterrer le dialogue conventionnel », se disant « consternés » devant une mesure du projet de budget de la Sécurité sociale, qui permettra à l'Assurance maladie d'imposer des baisses de tarifs au secteur.

Budget de la Sécu : les biologistes médicaux ne veulent pas encore payer le prix fort

© Midjourney x What's up Doc


« Le Mouvement intersyndical des biologistes médicaux exprime sa profonde consternation à la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 », dont l'article 15 « permettrait à l'Assurance maladie d'imposer unilatéralement des baisses tarifaires, sans consultation ni dialogue », déplorent dans un communiqué les quatre organisations représentatives des biologistes (SDBIO, Biomed, SNMB, SLBC).

Le texte déposé au Parlement prévoit que, dans un premier temps, les représentants des radiologues et biologistes médicaux puissent - comme aujourd'hui - négocier avec l'Assurance maladie un accord national, pour « définir de manière pluriannuelle » des « objectifs quantitatifs ou une trajectoire de maîtrise des dépenses », ainsi que des modalités de suivi et d'éventuelles mesures correctrices.

L’Assurance Maladie veut reprendre la main sur les tarifs

Mais « en cas de non-respect » de la trajectoire fixée, et lorsque les mesures correctrices envisagées se révèlent insuffisantes pour redresser la barre, le directeur général de l’Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) pourra « décider de mesures de baisses des tarifs », stipule le projet de loi.

Le gouvernement pourra aussi « saisir » les parties pour leur demander de conclure un accord « dans un délai de quatre mois », puis, s'ils ne parviennent pas à s'entendre, acter par décret des baisses tarifaires temporaires.

Les biologistes renvoient la balle aux prescripteurs

Les biologistes « n'exécutent leur travail que sur la base de prescriptions médicales. Il est donc inéquitable de faire porter le poids des baisses tarifaires » sur eux, plaident les biologistes mercredi, appelant l'exécutif à se tourner vers les « prescripteurs ».

Ils estiment que la profession est déjà engagée « depuis longtemps dans des accords triennaux », ayant permis à l'Assurance maladie « d'économiser plus de 5,2 milliards d'euros en 10 ans (entre 2012 et 2022) ».

Le gouvernement juge de son côté indispensable de « maîtriser » les dépenses qui flambent dans le secteur de l'imagerie et de la biologie médicale, poussées notamment en 2024 par un volume d'actes plus important qu'attendu.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/apres-les-laboratoires-de-biologie-les-fonds-dinvestissement-mettent-la-main-sur-les 

Pour respecter l'enveloppe budgétaire fixée pour 2024, l'Assurance maladie a choisi d'abaisser, en septembre, les tarifs de certains actes de biologie, déclenchant une grève de quatre jours très suivie dans les laboratoires d'analyses médicales.

Les biologistes ont attaqué la décision de l'Assurance maladie en justice et attendent très prochainement une décision du Conseil d'Etat, ont-ils indiqué mercredi à l'AFP.

Avec AFP

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