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Le traitement, nommé Ricimed, « répond à un besoin médical jusqu’ici non satisfait dans la prise en charge d’intoxications graves et potentiellement mortelles » à la ricine, explique Fabentech dans un communiqué, car il n’existait jusqu’à présent pas de contre-mesure.
« Ricimed contribue au déploiement d’un bouclier sanitaire européen face aux menaces biologiques intentionnelles », souligne dans le communiqué Sébastien Iva, président du directoire de Fabentech.
La thérapie développée par le laboratoire lyonnais fonctionne à base d’anticorps polyclonaux et a montré sa capacité « à cibler puis à neutraliser la ricine avant qu’elle ne provoque des dommages irréparables », note Fabentech.
Soutien des autorités
La technologie à large spectre utilisée permet de « neutraliser des attaques à la ricine quelle que soit la provenance », a encore expliqué Sébastien Iva à l’AFP. Une technologie également en capacité de neutraliser d’autres toxines et virus, ajoute-t-il.
L’autorisation de mise sur le marché « est la validation scientifique de notre traitement », note-t-il, et celle-ci « ouvre la voie à la phase commerciale ». « Plus de 20 millions d’euros de contrats sur plusieurs années » ont déjà été signés avec « différents pays européens ». Le traitement est destiné à être stocké en prévention.
La société, créée en 2009 et qui compte 50 salariés, a bénéficié du soutien financier de la direction générale des Armées. Également soutenue par le programme européen HERA, elle a été la première à recevoir un prêt de la Banque européenne d’investissement dans le cadre de la stratégie européenne de renforcement de la préparation contre les menaces biologiques.
Fabentech travaille main dans la main avec les gouvernements, les organisations de santé et l’armée française pour développer des traitements d’urgence contre des virus et toxines mortels identifiés comme des risques majeurs pour la santé publique.
Une arme de guerre
La ricine, qui est produite par le traitement des graines de ricin, peut constituer un poison mortel même en doses infimes. En janvier 2023, deux Iraniens soupçonnés d’avoir voulu commettre un attentat « islamiste » chimique à la ricine et au cyanure avaient été arrêtés en Allemagne.
La ricine a aussi été utilisée lors de la guerre froide avec la technique dite du « parapluie bulgare », tireur de poison. En 1978 à Londres, le dissident bulgare Gueorgui Markov avait ainsi été assassiné après avoir été piqué par le parapluie qu’avait laissé tomber un homme. Pris d’une forte fièvre, il était décédé à l’hôpital et lors de l’autopsie, une capsule pleine de ricine avait été découverte dans sa jambe.
Avec AFP