Au CHU de Lille, le Covid-19 a boosté la digitalisation positive de l'hôpital

Libéré des contraintes habituelles lors de la première vague de Covid-19, le CHU de Lille a pu déployer en un temps record des solutions numériques, comme la reconnaissance vocale intelligente. Un an plus tard, le bilan est positif.

 

Si elle en a lessivé plus d'un à l'hôpital, la première vague du Covid-19 a eu sur d'autres aspects un effet du genre dynamisant. « Elle a été ici un révélateur de l'importance du numérique », constate Philippe Leca, directeur des Ressources numériques et du Système d'information du CHU de Lille, qui emploie quelque 16 000 agents. La fameuse DSI, c'est lui. Et les 120 agents qui la composent.

 

Première vague : les vannes sont ouvertes

Printemps 2020. Le tsunami épidémique a pour conséquence d'ouvrir les vannes administratives, réglementaires et financières des établissements. Grâce à un « processus décisionnel hyper centralisé » reposant sur une cellule de crise quotidienne, les décisions sont soudain prises au fil de l'eau, dégagées des contraintes habituelles. En un temps record, le CHU de Lille peut déployer des solutions numériques innovantes pour soulager les soignants et aider l'hôpital à mieux absorber le choc. Un moment de grâce. « La crise a montré la capacité des DSI à répondre aux besoins d'un grand nombre de métiers et des médecins en particulier », estime Philippe Leca.

Alors que le taux de télétravail frisait le zéro, les équipes informatiques permettent en quelques semaines à une partie d'entre eux de travailler à domicile. « Coup de bol, la solution technique qui rendait les résultats d'examen ou les DPI accessibles à distance venait d'arriver », se rappelle le directeur de la DSI. Idem avec la visioconférence. « Nous avons basculé sur Teams 15 jours seulement après le début de la crise, en installant des écrans partout et déployé une solution de téléconsultation. Une vraie transformation de la prise en charge des patients ».

 

« On tâtonnait depuis quelques années »

Mais au même moment, les services de radiologie et d'imagerie sonnent l'alerte : recevant des retours d'expérience dantesques de consœurs et confrères en Italie, les radiologues  prennent conscience qu'ils seront bientôt sous l'eau à leur tour. Et qu'ils auront besoin d'aide pour ne pas couler. Une piste est tout de suite exprimée : le déploiement d'une reconnaissance vocale intelligente pour accélérer la réalisation des comptes-rendus notamment. « Sur ce sujet, on tâtonnait depuis quelques années, reconnaît Philippe Leca. Il était difficile de mettre tout le monde d'accord ». Mais les services d'imagerie, souvent plus « numérique-friendly » et rodés sur ces sujets que les autres, sont prêts à franchir le pas. Objectif : gagner du temps pour se recentrer sur l'activité médicale et les patients.

Le CHU de Lille choisira Dragon Medical One, la solution de reconnaissance vocale cloud de Nuance, leader sur le marché. « Une évidence, car c'est celle qui nous permettait d'aller le plus vite », confie le directeur de la DSI. Le passage en mode Saas (Software As A Service), soit une solution hébergée à distance et qui ne nécessite donc pas d'installation sur chaque poste de travail, est un tournant majeur. Entre mai et juillet, l'hôpital donne accès à la solution à 220 radiologues, principalement dans des services d'urgence ou accueillant des malades du Covid-19 au sein du pôle imagerie. Entre ce dernier et la DSI, s'instaure dès lors « un dialogue direct et constructif ».

Au quotidien, « les radiologues utilisent la reconnaissance vocale surtout le soir, la nuit, les week-ends ou dans un contexte d'urgence », détaille le directeur de la DSI. La plupart du temps, le secrétariat conserve son rôle de « diffuseur » des comptes-rendus ainsi produits. Le gain de temps découle du temps de frappe supprimé. Mais vers quoi les médecins lillois utilisant la solution vocale ont-ils réinvesti ces heures gagnées ? « Dans du temps médical et du temps de prise en charge », constate Philippe Leca.

La vraie valeur ajoutée de ce genre d'outil est là. Ce n'est pas étonnant que les médecins les plus jeunes sont ceux qui l'utilisent le plus.

 

80 % de taux d'adoption en imagerie

Près d'un an plus tard, l'essai semble transformé. « Nous constatons un taux d'adoption autour de 80% dans le pôle d'imagerie et un taux de satisfaction très élevé », se réjouit Philippe Leca.

Indirectement, cela a aussi amélioré l'image de la DSI auprès des médecins !

 

La reconnaissance vocale n'est cependant qu'une brique du long chantier de numérisation de l'hôpital, l'une des priorités du plan national Ma Santé 2022. Les agents de la DSI ne sont pas donc près de lâcher leurs bâtons de pèlerin (connectés). « Nous sommes dans une phase de transition, c'est complexe, mais je crois dans le métier que je porte et dans les outils innovants qui voient le jour et que nous déployons, insiste Philippe Leca. Il y a une prise de conscience collective que la transformation positive de l'hôpital passe par sa transformation numérique ».

 

 

Un article écrit en partenariat avec Nuance Communications

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