Angèle, généraliste sur l’Île aux enfants

Comme beaucoup de jeunes généralistes, Angèle Cheng fait des remplacements. Mais elle est aussi directrice médicale de L’Envol, une association qui organise des séjours de vacances pour les enfants malades. Rencontre.

What’s up Doc. Comment ton histoire avec L’Envol a-t-elle commencé ?

Angèle Cheng. J’ai un passé d’animatrice Bafa, et l’été dernier, comme j’avais du temps libre, je me suis demandée si je ne pouvais pas utiliser mon bagage médical pour refaire des colos. J’ai donc posé ma candidature auprès de L’Envol et j’ai été prise pour une session de sept jours. Ça a été super enrichissant, encore plus qu’une colo classique !

WUD. Que fait cette association ?

AC. Elle organise des séjours de vacances thérapeutiques pour des enfants malades. L'idée, c'est d'amener l'enfant à se surpasser au travers d'activités, à gagner en confiance en lui et en autonomie. Jusque-là, tous les séjours se déroulaient en Île-de-France. Pour les vacances d’avril, il y aura pour la première fois une session en Bretagne.

WUD. En quoi consistait ton travail de bénévole ?

AC. Je devais m’assurer de la sécurité médicale des enfants, et prendre en charge toute urgence potentielle. Il faut donc connaître tous leurs antécédents médicaux, transmettre leurs besoins aux autres bénévoles, vérifier qu’ils prennent bien leurs médicaments, répondre aux questions des intervenants…

WUD. Quelles étaient les pathologies de ces enfants ?

AC. Il y avait de tout. Des pathologies graves comme des cancers ou des leucémies… Des pathologies que l’on dit bénignes, mais qui ont un retentissement psychosocial tout au long de la vie des enfants : drépanocytoses, hémophilies… Il y avait aussi des enfants en soins palliatifs, stables dans leur vie quotidienne mais auxquels la médecine n’avait plus de traitement curatif à proposer.

Angèle et son matériel médical au siège de L’Envol.

WUD. C’est un peu dur, non ? Au bout de sept jours comme ça, tu en as redemandé et tu es devenue directrice médicale ?

AC. (Rires). Oui ! J’avais l’impression d’avoir un vrai impact. Mon activité de consultation est intéressante, mais là, j’ai vraiment eu l’impression d’aider ces enfants. Et puis ça me plait beaucoup d’entrer dans cet imaginaire. Là-bas, l’infirmerie, ce n’est pas l’infirmerie, c’est le château. Le médecin, c’est le roi ou la reine. Donc pendant une semaine, j’étais déguisée toute la journée et tout le monde m’appelait « ma reine », c’était trop bien ! Mais surtout, c’était chouette de voir que les enfants ne pensaient pas à leur maladie, même si moi, j’y pensais tout le temps ! Résultat, quand L’Envol m’a proposé un poste de directrice médicale en janvier dernier, j’ai adhéré tout de suite.

WUD. Du coup, que fait la directrice médicale ?

AC. J’étudie les dossiers avec l’équipe médicale pour savoir si on peut intégrer tel ou tel enfant. Je dois aussi superviser l’organisation du « château » : prévoir le matériel, les protocoles d’accueil… Je gère aussi les relations avec les praticiens qui suivent les enfants en ville ou à l’hôpital, et avec nos médecins référents, spécialistes de chacune des pathologies.

WUD. De quoi l’association a-t-elle besoin ?

AG. De médecins bénévoles, notamment ! Il nous en faut un par session d’une semaine avec les enfants, et nous avons cinq sessions cette année. Certains médecins sont déjà recrutés, mais il y a encore des places vacantes ! Nous avons aussi besoin d’autres professionnels de santé, et bien sûr, de financement : les séjours sont gratuits pour les familles, et l’essentiel des fonds vient de dons de particuliers ou d’entreprises.

WUD. Comment gères-tu la balance entre les rempla et l’association ?

AG. C’est un équilibre que j’ai trouvé. Faire de la coordination médicale, cela m’apporte une certaine ouverture d’esprit, ce n’est pas mon monde habituel. Je ne me serais pas vue faire de la consultation toute la semaine, mais je ne pourrais pas faire de la coordination médicale toute la semaine non plus : les patients me manqueraient.

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