Alerte sur les polluants dans le maquillage !

De très nombreux mascaras, rouges à lèvres et fonds de teint contiendraient des substances perfluorées (PFAS), un polluant à l’élimination très longue selon une étude parue dans la revue « Environmental Science and Technology Letters ».

Encore des substances incriminées dans les cosmétiques. Selon une étude basée sur le test de 271 produits de maquillage commercialisés aux Etats-Unis et aux Canada, leur teneur en fluor est globalement trop élevée. Les fonds de teint, mascaras et rouges à lèvres seraient les plus concernés.

Utilisés depuis longtemps par les fabricants, mais peu connus pour le moment de la population car peu d’articles leur ont été consacrés, les substances perfluorées sont notamment utilisées dans les cosmétiques pour leurs propriétés waterproof. On les trouve aussi dans les emballages alimentaires et les ustensiles de cuisine anti-adhésifs (type Teflon). « Leurs effets cancérogènes sont décrits depuis de nombreuses années. Plusieurs études ont notamment mis en évidence un risque de cancer augmenté chez des employés travaillant dans des usines de fabrication de poêles et autres ustensiles contenant du Teflon-PFA », indique le Pr Laurence Coiffard, responsable d’un laboratoire de cosmétologie industrielle à Nantes.

 

Quels risques pour la santé ?
Le problème a émergé il y a quelques années seulement. Ce n’est qu’en septembre 2019 que Santé publique France publie une première étude sur les PFAS et leur risques pour la santé humaine. Elle souligne que « des études épidémiologiques ont rapportés des effets des PFAS sur l’altération de la fertilité, des effets hépatiques par une augmentation du taux de cholestérol, des effets cardiovasculaires par un risque d’exposition d’hypertension et de pré-éclampsie, des effets endocriniens par une augmentation du risque de maladies thyroïdiennes ».

Concernant le niveau d’exposition de la population française, SPF indique : « malgré les restrictions d’usage de certains perfluorés à chaîne et demi-vie plus longues donc plus toxiques au détriment de composés à chaîne et demi-vie plus courtes, les résultats montraient que la population était exposée à un ou plusieurs composés perfluorés. Ces résultats démontrent également que les perfluorés continuent d’être présents dans l’environnement, l’alimentation et les produits de consommation courante ».
Néanmoins, comme pour tous les polluants, il est très difficile de déterminer de façon certaine le niveau d’exposition déclenchant d’éventuels effets délétères sur la santé humaine.

 

Comment les éviter ?

Selon cette étude, leur présence est d’autant plus préoccupante qu’elle n’est pas mentionnée dans la liste des ingrédients des cosmétiques concernés. Un trou dans la réglementation nord-américaine.

Et en Europe, est-ce le cas ? « Non, les PFAS sont aussi abondamment utilisés ici, mais leur présence est signalée par leurs dénominations INCI, comme par exemple : Ethyl perfluorobutyl ether, Perfluorononyl dimethicone, Perfluorotetralin, Polyurethane-27 », indique Laurence Coiffard. Des mentions à rechercher, donc, sur les emballages. « A titre personnel, cela fait des années que j’évite au maximum les fonds de teint et rouges à lèvre qui en contiennent. Mais cela restreint énormément le choix », souligne l’experte, aussi co-créatrice du blog Regard sur les cosmétiques.

« Il serait vertueux de la part de l’industrie cosmétique de revoir sa copie en formulation des produits de maquillage », estime le Pr Laurence Coiffard.

Portrait de Sophie Cousin

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