168 300 recrutements prévus dans le domaine de la santé en 2026, la fidélisation comme objectif n°1

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Le secteur de la santé et de l’action sociale apparaît comme le seul à maintenir une dynamique de recrutement en 2026, avec 168 300 embauches attendues, selon une étude de France Travail révélée par Le Parisien, dans un contexte de repli généralisé des intentions d’embauche.

168 300 recrutements prévus dans le domaine de la santé en 2026, la fidélisation comme objectif n°1

© Midjourney X What's up Doc

D’après cette enquête sur les besoins en main-d’œuvre (BMO), les projets de recrutement dans la santé progressent légèrement de 0,8 %, alors que la plupart des autres secteurs sont orientés à la baisse, à l’image du commerce (-8,8 %) ou de la construction (-16,4 %).

Dans le détail, les employeurs anticipent notamment 69 500 recrutements d’auxiliaires de vie, 62 100 d’aides-soignants et 36 700 d’infirmiers et sages-femmes.

Malgré cette dynamique, les difficultés de recrutement restent massives : elles sont jugées élevées dans six cas sur dix. En cause, une combinaison de facteurs récurrents, entre pénibilité du travail, horaires décalés et image dégradée du secteur.

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« La pénurie porte plutôt sur les infirmiers et les manipulateurs radio », souligne Floriane de Dadelsen, directrice générale adjointe de l’hôpital Foch à Suresnes, citée par Le Parisien. Dans cet établissement, 40 postes restent vacants, dont la moitié devrait être pourvue par de jeunes diplômés à l’été.

Les tensions sont également accentuées par la concurrence entre établissements, notamment en Île-de-France, où le développement des centres privés d’imagerie renforce l’attractivité salariale hors secteur public.

La fidélisation au cœur de la stratégie

Face à ces difficultés, les acteurs du secteur multiplient les initiatives pour attirer et retenir les professionnels. L’intégration des jeunes recrues fait l’objet d’une attention particulière, avec des périodes de travail en binôme ou des dispositifs d’accompagnement renforcé.

Dans le privé, certains groupes misent sur la formation interne. « Depuis 2020, nous formons des aides-soignants grâce à un CFA hors les murs », explique Nadège Plou, directrice des ressources humaines du groupe Clariane. Le nombre d’apprentis est ainsi passé de 35 à 1 000 par an, contribuant à réduire le turnover.

La rémunération constitue également un levier, avec un salaire moyen des aides-soignants atteignant 2 268 euros brut fin 2025 dans ce groupe, en hausse de 28,4 % depuis 2018.

D’autres acteurs, comme Domusvi, mettent en avant la proximité managériale ou le recours accru aux salariés seniors, qui représentent 30 % des effectifs.

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Au-delà du recrutement, la question de la fidélisation reste centrale. Plusieurs établissements développent des dispositifs visant à améliorer la qualité de vie au travail, comme des aides à la garde d’enfants, des aménagements d’horaires ou encore des mesures de soutien aux travailleurs de nuit.

À l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ces efforts ont permis d’augmenter de 30 % les arrivées d’infirmiers entre 2022 et 2025, tout en réduisant d’autant le taux de départs, selon des données citées par Le Parisien. L’institution estime pouvoir dépasser ses effectifs de 2019 dès l’été 2026.

Malgré ces améliorations, le secteur reste confronté à un défi structurel : attirer durablement des professionnels dans des métiers exigeants, alors même que les besoins liés au vieillissement de la population continuent de croître.

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