120 battements par minute : Arnaud Valois se confie à WUD

Acteur principal du film primé à Cannes

Profitant d’une pause éclair au milieu de son marathon promotionnel, et à l’aube du probable décollage de sa carrière, l’acteur principal du film 120 bpm a bien voulu se livrer au jeu des confidences, avec sincérité et gentillesse. Un futur grand !

What's up Doc : Tu es né au début de l’épidémie de SIDA. Quel(s) souvenir(s) d’enfance ou d’ado' gardes-tu de cette période ?

Arnaud Valois : Presque aucun, en fait. En tout cas je n’étais pas du tout au fait de ses enjeux politiques et médicaux. Pour moi, le SIDA c’est le message du sexe protégé, les premiers Sidaction, Dechavanne et « Sortez couverts »… Un message simple, pas flippant, que j’ai retenu et que j’applique encore.

WUD : Le message qu’essayait de faire passer Act Up dans les lycées finalement…

AV : Tout à fait ! Et pourtant je n’avais jamais entendu parler d’eux. Enfin presque. J’avais été marqué par la dimension spectaculaire de la capote sur l’obélisque, pas par son côté subversif.

WUD : Tu avais interrompu ta carrière et entamé une reconversion dans le soin, du moins jusqu’à 120 bpm. L’enjeu sanitaire, au cœur du film, a-t-il été à l’origine de ton retour au cinéma ?

AV : Pas vraiment, même si bien sûr cela a dû jouer. J’ai accepté de repasser l’épreuve douloureuse des castings parce que c’était un film de Robin, qui m’impressionnait. Parce que je sentais que le film avait une dimension engagée peu commune, sur une thématique peu abordée, du moins dans le cinéma français.

WUD : Nathan, ton personnage, passe de l’observation à l’action mais au final on le connaît et le comprend très peu. Comment t’en es-tu saisi ?

AV : Pour moi Nathan est une page blanche. Quelqu’un qui débarque et se remplit peu à peu de ce qu’il découvre, de ce qu’il vit au contact d’Act Up. C’est un personnage qui se joue à l’instinct. J’ai évacué toute dimension psychologique. Nathan est un personnage qui écoute. Alors j’ai écouté, je l’ai écouté. Il me ressemble, mais j’ai le sentiment que moi aussi j’ai fini par lui ressembler.

WUD : Tu es peu loquace, du moins au début, dans les scènes de groupe, mais la caméra revient irrésistiblement vers toi. Avais-tu des consignes particulières de jeu ?

AV : Non ! Robin pouvait être très pointilleux dans la préparation de ces scènes – ce qui est normal, vu la somme de détails à articuler – mais nous laissait très libres dans notre interprétation. Je n’ai été vraiment dirigé que sur deux scènes, notamment celle où je me confie à Sean sur le fait que je n’ai pas eu le courage de rendre visite à mon ami à l’hôpital. Je pense que Robin tenait à raconter quelque chose de personnel, il était donc normal qu’il intervienne plus dans mon jeu.

WUD : Et la deuxième scène ?

AV : La plus dure à jouer ! Celle où j’accompagne les derniers instants de Sean. Il y avait tout un jeu sur le corps… J’étais dirigé un peu comme s’il s’agissait de mouvements de danse. Et puis, avec une scène aussi forte, tu ne peux plus compter uniquement sur ton instinct. Tu dois puiser profondément en toi, aller chercher dans tes émotions même si tu n’as jamais connu une telle situation. C’était beaucoup plus éprouvant.

WUD : As-tu entendu une réaction négative sur le film ?

AV : Jusqu’à présent, aucune. Sincèrement. Ca viendra peut-être ! (Rires) Mais je pense qu’il se passe quelque chose d’incroyable avec ce film. C’est curieux, mais je l’ai ressenti dès le début, à la lecture du projet. Peu avant d’apprendre qu’il était sélectionné à Cannes, j’ai ressenti une vague à l’intérieur de moi, sans trop savoir ce qu’il en était. Comme si je pressentais que le film allait toucher bien au-delà de son premier cercle. J’ai été à nouveau envahi par cette vague, peut-être même plus intensément, au moment de la présentation au public.  

Une vague qui a conquis la rédaction, comme en témoigne notre critique à découvrir dans le prochain numéro de What's up Doc !

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

 

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