Vers une paralysie des blocs opératoires ?

Deux syndicats - UCDF (Union des Chirurgiens de France) et le BLOC – menacent de paralyser les blocs opératoires dès le 1er juillet. Pierre d’achoppement ? Un décret qui reconnait les infirmiers de bloc opératoire (IBODE) en tant que spécialité et officialiserait l’exclusivité d’actes infirmiers en bloc opératoire.
 

« Quand l’administration de l’État veut tout régenter sans se préoccuper des réalités du terrain, elle produit une crise sanitaire facilement évitable », alertent l’UCDF (Union des Chirurgiens de France, membre fondateur du BLOC) et le BLOC (syndicat des médecins spécialistes libéraux). Les deux syndicats tirent la sonnette d’alarme sur une éventuelle « crise sanitaire » le 1er juillet 2019.
 
À l’origine de leur colère, le décret du 27 janvier 2015 qui « reconnait les infirmiers de bloc opératoire (Ibode) en tant que spécialité et officialise l’exclusivité d’actes infirmiers en bloc opératoire », selon les syndicats qui auraient aimé être consultés pour rédiger ce décret qui touche pleinement à leur activité quotidienne.
 
Les syndicats ont pourtant essayé de se faire entendre : un courrier adressé au ministère de la Santé, un recours de l’UCDF déposé au Conseil d’État en 2016, qui a abouti à la reconnaissance de l’erreur de l’État dans l’appréciation des mesures transitoires indispensables à l’application du décret sur trois actes exclusifs : « Apporter une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration ».

Trois conditions incontournables

 
Mais le gouvernement refuse de prendre en compte les « trois conditions incontournables pour appliquer ce décret », selon l’UCDF et le BLOC. Premièrement, ceux-ci réclament « la validation massive des actes exclusifs pour les infirmiers diplômés d’État (IDE) en poste de façon à disposer d’assez de personnels pour opérer dans des conditions légales à partir du 1er juillet 2019 ».
 
Deuxièmement, ils demandent également un « financement pérenne de formation et de revalorisation de la rémunération des Ibode ». Selon eux, rien n’est aujourd’hui proposé pour que « les Ibode bénéficient financièrement de leur nouveau statut obtenu après deux années de formation coûteuses, accompagnés de perte de salaire et de sacrifices personnels importants ».
 
Enfin, ils exigent la mise en place d’une formation en alternance diplômante Ibode étalée sur quatre à cinq ans. Celle-ci serait « adaptée aux capacités financières et humaines des employeurs et du personnel soignant ».
 
Selon les syndicats, les pouvoirs publics refusent de considérer les conséquences pratiques d’une décision prise sous le précédent quinquennat. Si bien que les chirurgiens et les anesthésistes se retrouvent « dans la situation ubuesque de ne plus pouvoir exercer leur métier à compter du 1er juillet 2019 dans les nouvelles conditions requises par la réglementation. »
 
Le BLOC et l’UCDF appellent donc le gouvernement à « prendre les décisions qui s’imposent pour que le décret Ibode représente un véritable progrès social pour le métier d’infirmier et non un simulacre de revalorisation qui risque de tourner à la crise sanitaire et sociale dans les établissements hospitaliers. »
 

Portrait de Julien Moschetti

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