USA : no sex, no problem

Le retour des politiques d’abstinence

L’administration Trump tente à nouveau de promouvoir l’abstinence sexuelle dans la lutte contre les risques sexuels et les grossesses non désirées chez les adolescents. De manière un peu plus subtile, certes, mais c’est « un retour à la case départ », estiment les associations.

L’idée de base paraît limpide, d’une logique imparable : sans sexe, pas d’IST et pas de grossesses non désirées. Et puis en interdisant l’alcool, on supprime l’alcoolisme, et c’est pareil pour les drogues. Nous savons tous qu’en dissuadant un adolescent, il suivra les consignes à la lettre. Welcome to the (dark side of) US !

Car oui, l’abstinence fait un retour remarqué dans la politique de santé à destination des adolescents, histoire de make America un peu plus great again. Le 20 avril, le Département de la Santé et des Services sociaux a publié les directives de financement des programmes de prévention. Et, si elles n’excluent pas formellement l’information sur la contraception et les IST, elles encouragent explicitement l’abstinence. Ou, plus précisément, « l’évitement du risque sexuel » (sexual risk avoidance). Nuance !

On reprend tout depuis le début ?

L’idée était dans les tuyaux depuis un moment et les associations s’attendaient au pire : le 5 juin dernier, Valerie Huber, qui dirigeait un groupe prônant l’abstinence, a été nommée responsable du service consacré à la santé des adolescents. Premier indice. Juste avant sa nomination, elle avait déclaré via un blog que le meilleur message consistait à « éviter les risques liés à la sexualité pubère, pas les réduire », et reproché à l’administration Obama d’avoir « normalisé le sexe chez les adolescents ».  Deuxième indice. Comme quoi, l’administration Trump n’a jamais caché ses intentions.

Mais concrètement, qu’est-ce qui va changer ? Auparavant, les associations qui recevaient le plus de contributions fédérales pour leurs actions de prévention étaient sélectionnées sur leur capacité à prouver l’efficacité de ces actions (evidence-based programs). Dorénavant, elles devront se plier à des conditions plus générales, comme « soutenir des attitudes personnelles ou des convictions qui mettent en valeur l’évitement du risque sexuel »

Pour Jon Baron, vice-président chargé des politiques basées sur les preuves à la Laura and John Arnold foundation, cette nouvelle approche est « un retour à la case départ, comme si nous n’avions rien appris ». Les programmes d’abstinence avaient pourtant été démontés en 2007 à travers une étude qui n’avait pas trouvé « le moindre indice d’effet sur l’activité sexuelle, les grossesses ou quoi que ce soit d’autre », a rappelé Jon Baron. Fake evidence, maybe ?

Crédit photo : Cayobo/Flickr

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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