En novembre 2025, le service avait dû suspendre l'accueil des internes, faute d'encadrement suffisant. Trois seniors présents au lieu des six requis — soit exactement la moitié du nécessaire, ce qui, dans un service d'urgences, ne passe pas inaperçu. Les syndicats avaient logiquement tiré la sonnette d'alarme, et la décision de suspendre les stages avait suivi.
Résultat : plusieurs mois sans internes ni externes, et une équipe médicale obligée de tenir le cap avec les moyens du bord.
Un plan d'action, des réunions, et finalement… une bonne nouvelle
Dans la grande tradition hospitalière française, un plan d'action a été élaboré. Au programme : meilleure maîtrise des flux, projet pédagogique revu, et renforts médicaux régionaux et nationaux pour assurer des plannings enfin complets. Autrement dit, les bases minimales pour qu'un stage soit un stage — et pas une immersion en solo dans le grand bain.
Le 11 mars, une commission d'évaluation s'est réunie à l'UFR Santé de Caen. Verdict : « Les conditions sont désormais réunies de rouvrir le stage aux urgences du CHU de Caen pour les internes des trois spécialités concernées » explique l’ARS, le CHU et l’université dans un communiqué commun.
Qui est concerné ?
Les internes de médecine générale, de médecine d'urgence et de pédiatrie pourront candidater. Des discussions sont encore en cours pour affiner le nombre de postes par spécialité et quelques modalités pratiques. Bref, le stage rouvre — mais on peaufine encore le règlement intérieur.
Comment le service a-t-il tenu entre-temps ?
Grâce à la réserve sanitaire, d'abord. Et depuis janvier, sept PADHUE ont rejoint l'équipe pour renforcer les effectifs. Une solution qui a permis de maintenir l'activité, sans pour autant remplacer l'apport pédagogique et humain d'un service qui tourne avec des internes bien encadrés.
Et les externes ?
Le communiqué reste muet sur leur retour éventuel. Patience, donc — ils connaissent bien le couloir d'attente.
Sous réserve des derniers ajustements, les internes volontaires devraient être réaffectés dès mai. Une reprise progressive, encadrée, et — espérons-le — durable. Parce qu'un plan d'action, c'est bien. Mais une équipe médicale stable sur le long terme, c'est mieux.
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