Une ponction chez le radiologue

La mauvaise réputation

Alors que s’ouvre la perspective d’un nouveau coup de rabot sur les tarifs d’imagerie médicale, les radiologues montent au créneau pour dénoncer les difficultés qu’ils éprouvent à investir dans du matériel moderne et de qualité.

Reconnaissons-le : les radiologues trainent une petite réputation. En tête de liste des sujets qui font jaser, leur rémunération. Ils gagnent plus que les ophtalmos, anesthésistes, chirurgiens ou même les cancérologues ? Eh non ! Si l’imagerie médicale s’est longtemps classée en tête des spécialités les mieux payées, la donne a changé. D’après le dernier classement fourni par la Caisse autonome de retraite des médecins de france (Carmf) pour l'année 2016, elle ne se trouve désormais qu’en huitième position.

La faute, comme le dénonce la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), à des coups de rabot répétés sur les tarifs d’imagerie, associés à une hausse des besoins en investissements. Dans un entretien accordé à nos confrères du Quotidien du médecin, le Dr Jean-Philippe Masson, président du FNMR, s’insurge contre un nouveau projet de révision de ces tarifs à la baisse, pour l’été 2018. À la clé, pour l’Assurance maladie : 35 millions d’euros d’économies. « Nous ne sommes même plus en colère, nous sommes plutôt découragés et écœurés », déplore le radiologue.

L’argent, c’est du temps

« La commission des équipements matériels lourds d'imagerie médicale […] vient en effet de proposer une baisse de 10 % de la valeur des forfaits techniques de scanners et d'IRM ! », précise-t-il, avant de rappeler qu’en dix ans, c'est près d’un milliard d’euros qui a été « ponctionné ».

Le risque, estime-t-il, est de voir les investissements en matériels lourds baisser, au profit d’équipements « bas de gamme », et une réduction de la masse salariale. Moins d'argent, moins de manipulateurs, donc des horaires d’ouverture réduits, et une augmentation des délais d’attente. En moyenne, depuis 2004, il faut environ 35 jours pour l’obtention d’un rendez-vous pour une IRM (1). Avec une tendance à la hausse depuis trois ans.

La pertinence, vous dit-on

Les discussions entre le syndicat et l’Assurance maladie se poursuivent. Jean-Philippe Masson semble vouloir jouer sur la corde de la pertinence des actes de radiologie, sensible dans le cadre de la réforme du système de santé voulue par Agnès Buzyn. Avec, en trame de fond et comme levier pour les radiologues, le Plan cancer et le dépistage.

Les propositions du FNMR sont aux mains de la Cnam, qui devrait répondre rapidement avec les siennes. « Elles seront discutées lors du conseil d'administration de la FNMR, le 17 mars, qui les validera ou les refusera », annonce-t-il.

(1) Étude Cemka-Eval 2017, réalisée pour le compte du Snitem (Syndicat national de l’industrie des technologies médicales)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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