© Midjourney x What's up Doc
Une critique en ligne, un procès en correctionnelle
Tout est parti d’un avis laissé le 18 juillet 2024 sur Google par Sofyen XXX, ancien patient du centre ophtalmologique Kléber à Lyon. Dans ce commentaire au ton familier, il s’indignait notamment du temps d’attente et de l’hygiène du cabinet : « Hygiène ? Connait pas. J’ai dû moi-même demander la désinfection des machines ». Une formulation jugée diffamatoire par l’ophtalmologue visée, le Dr Amina XXX, qui a porté plainte devant le tribunal correctionnel de Lyon.
Comme le rapporte Le Progrès, l’ophtalmologue demandait 1 500 € de dommages et intérêts, dénonçant un préjudice moral important : « Ça fait du mal, ça ! Je demande au tribunal de protéger cette jeune médecin », a plaidé son avocat Me Hervé Banbanaste. Il a rappelé que sa cliente exerçait aussi aux Hospices civils de Lyon et militait pour la qualité des soins, en tant que membre de la Haute Autorité de Santé.
Un avis sincère ou une attaque gratuite ?
De son côté, le patient n’a pas assisté à l’audience, mais a été défendu par son avocat qui a souligné sa démarche citoyenne. « Cette docteure semble avoir été vexée par ce qui n’est qu’un avis Google », a-t-il tempéré dans La Dépêche. Il a insisté sur l’absence de volonté malveillante : « Il n’a aucun litige personnel avec cette ophtalmologue, aucun mobile vengeur. S’il a écrit cela, c’est parce qu’il s’est aperçu que ce qu’il avait vécu l’avait été par beaucoup d’autres gens. »
En effet, Actu.fr souligne que le centre Kléber affichait « 400 commentaires avec une seule étoile », évoquant retards, mauvaise communication et impolitesse du secrétariat. Le patient, coutumier des avis en ligne (avec plus de 645 publications recensées sur divers lieux), affirmait vouloir « participer à un débat d’intérêt général ».
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/medecins-comment-reagir-un-avis-negatif-sur-google
Le tribunal tranche : propos diffamatoires, mais sans volonté de nuire
Le jugement rendu mardi 20 mai a reconnu que les propos tenus dans l’avis étaient bien diffamatoires, mais le tribunal a estimé que le patient avait agi de bonne foi. En conséquence, aucune peine ni indemnisation ne lui a été infligée.
A voir aussi
À Sarlat, la mort d’un nouveau-né ravive la colère autour de la maternité suspendue
Ces médecins doivent payer 100 000€ pour avoir oublié de déclarer que le cabinet médical qu’ils ont racheté est resté un cabinet médical
L'infirmerie psy de la préfecture de police de Paris sommée de revoir ses pratiques
Photos obscènes sous anesthésie, soins dangereux, secret violé : trois ans d’interdiction pour un chirurgien
Un pédiatre en vacances porte secours à une fillette victime d’une noyade en Normandie