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Le gouvernement a annoncé début août l’ouverture de 10 260 postes d’internes en médecine pour 2026, contre 8 919 en 2025, soit 1 341 postes supplémentaires (+15 %). Une augmentation présentée par le ministère de la Santé comme une nouvelle étape pour « préparer la médecine de demain ».
Si certaines spécialités en tension ont vu leur contingent grossir, la progression est beaucoup plus modeste en radiologie et imagerie médicale. 262 postes hors contrat d'engagement de service public (CESP) sont ouverts pour 2026-2027, contre 258 l’année précédente, soit une timide hausse de 1,55 %.
Dans un communiqué publié le 18 août, le Conseil national professionnel de la radiologie (CNP G4) dénonce une progression pratiquement inexistante après plusieurs années de stagnation, avec un « effectif de moins 10% par rapport à 2015 ».
Un « goulot d'étranglement » pour les soins
Pour les représentants de la profession, cette évolution est d’autant plus préoccupante que l’imagerie intervient dans une part « majeure » des parcours de soins, du diagnostic et du dépistage des cancers à la prise en charge des AVC, en passant par le suivi des patients et la radiologie interventionnelle.
« Il est évident qu'il faut augmenter globalement le nombre de médecins formés par les universités en France, mais c'est un non-sens de priver ces médecins et leurs patients des ressources transversales de soins indispensables produites par les radiologues », estime le CNP G4, qui regroupe société savante, syndicats et universitaires.
Le conseil craint que la radiologie ne reste un « goulot d'étranglement de la prise en charge des patients ». Il affirme notamment que « plus de 40 % » des postes de radiologues hospitaliers sont « vacants » et évoque également les difficultés de succession de certains cabinets, notamment dans les villes petites et moyennes.
L'organisation estime également que ce sous-dimensionnement risque de freiner le déploiement de la radiologie interventionnelle, et plus largement, des innovations en imagerie, et qu'il s’inscrit à contre-courant de nombreux pays qui ont accru leurs capacités de formation dans la spécialité.
« Aux Etats-Unis, le nombre d’internes de radiologie a augmenté de 23% depuis 2010, et de 66% depuis 2001 », avance le CNP, s’appuyant sur une étude américaine sur la question. Selon lui, les CHU et facultés françaises seraient en mesure de former 30 % de radiologues supplémentaires chaque année.
Les organisations demandent désormais à rencontrer la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, afin d’obtenir une révision du nombre de postes, qu'elles souhaitent voir intervenir « non seulement à terme mais dès maintenant ».
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