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Les mises en examen, prononcées en juillet 2023, n’avaient jusqu’ici jamais été rendues publiques. Elles concernent le décès de Guillaume Molinet, 49 ans, survenu en janvier 2016, ainsi que les blessures subies par quatre autres volontaires de l’essai clinique, ayant entraîné une ITT supérieure à trois mois, précise le parquet de Paris à Franceinfo.
Guillaume Molinet participait, contre rémunération, à un essai clinique conduit par le centre privé Biotrial, à Rennes. Le but, tester une molécule développée par Bial visant à apaiser des douleurs chroniques, neuropathiques et certains symptômes de la maladie de Parkinson.
Après une première administration sans incident, des effets apparaissent lors de la deuxième dose, au troisième jour de l’essai : troubles visuels, de l’équilibre, puis une dégradation rapide de l’état neurologique.
Le patient, en très bonne santé selon sa famille, est transféré aux urgences, placé dans le coma et décède le 17 janvier 2016 des suites d’une lésion cérébrale, selon franceinfo. Quatre autres volontaires de la même cohorte sont hospitalisés dans le même temps. Tous survivent, mais avec des séquelles.
Rapport d’expertise « accablant »
L’enquête judiciaire, ouverte en juin 2016, a donné lieu à des investigations longues et complexes, notamment à l’étranger, afin d’analyser les données cliniques de la molécule, testée en premier lieu sur des animaux.
Selon Me Jean-Christophe Coubris, avocat de la famille Molinet, les conclusions du rapport d’expertise récemment remis aux juges d'instruction sont « accablantes ».
Il évoque une molécule aux objectifs thérapeutiques « difficiles à percevoir », administrée à des doses nettement supérieures à l’effet recherché, et des données inexactes ou dissimulées dans le dossier de l’essai clinique.
Le rapport établirait en outre un lien clair entre la prise de la molécule et le décès, écartant toute autre cause médicale, selon l’avocat.
Le laboratoire conteste
À la suite de la mort Guillaume Molinet, « le laboratoire a essayé de nous acheter », estime auprès de Franceinfo son frère Laurent. « Je pense qu’on peut dire cela quand ils proposent des sous moyennant la signature sur un petit papier ».
Bial réfute l’ensemble de ces accusations. Dans une réponse écrite à Franceinfo, il affirme que la cause de l’incident reste « inconnue » et souligne le caractère « imprévisible » de l’événement.
Le laboratoire affirme par ailleurs sa coopération avec la justice et sa « considération envers les volontaires et leurs familles », et indique avoir indemnisé cinq volontaires.
À la demande de Bial, le rapport d’expertise doit encore être complété, ce qui repousse la perspective d’un procès, près de dix ans après les faits. Un délai jugé « regrettable » tant par la famille de la victime que par le laboratoire lui-même.
La famille Molinet doit tenir une conférence de presse à Paris pour dénoncer la lenteur de la procédure, alors qu’aucune date de procès n’est à ce stade envisageable.
Source:
Franceinfo
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