Un jeu de simulation vous apprend les bonnes pratiques pour être un médecin écoresponsable

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Développé par l’URPS-ML Paca, « le cabinet écoresponsable de demain » est un jeu ludique qui permet d’éduquer les médecins libéraux sur les bonnes pratiques liés à la consommation d’énergie, la mobilité et la limitation des polluants environnementaux. Rencontre avec Dr Marie-Claire Tuffery, généraliste, et Mélina Icard, chargée de mission.

Un jeu de simulation vous apprend les bonnes pratiques pour être un médecin écoresponsable

© URPS-ML / FMF

What’s up Doc : Quel constat vous a poussées à créer ce jeu ?

Marie-Claire Tuffery : Le facteur environnemental professionnel joue un rôle énorme en santé, avec un risque d’aggravation des troubles du sommeil, de l’anxiété, des dépressions, des burn-outs. 

Mélina Icard : De même, il y a une grosse part des émissions de gaz à effet de serre qui émane du secteur de la santé, 23% d’après le Shift Project (ndlr : Think tank qui a pour objectif l'atténuation du changement climatique et la réduction de la dépendance de l'économie aux énergies fossiles).

Aujourd’hui, les établissements sont obligés de faire leur bilan carbone et on se rend compte qu’il y a beaucoup d’émissions indirectes qui ne sont pas prises en compte. Notamment l’achat de médicaments, de dispositifs médicaux, l’alimentation, les trajets.

À l’URPS-ML Paca, nous avons créé un groupe de travail sur la qualité de vie au travail. Il y a aussi le dispositif Med’Aide qui œuvre pour la prévention du burn-out des médecins libéraux en PACA. Ce sont ces deux entités qui ont porté le projet.

Marie-Claire Tuffery : Il existait très peu d’outils pour sensibiliser les professionnels de santé aux enjeux environnementaux. L’objectif de ce serious game est d’améliorer la qualité de vie au travail des soignants et de valoriser l’engagement des médecins dans une démarche écoresponsable.

 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/ecologie-en-sante-de-plus-en-plus-dhopitaux-adoptent-un-bloc-eco-responsable

 

Que trouve-t-on dans le jeu ?

Mélina Icard : Le serious game, c’est un jeu à la croisée de trois domaines : l’apprentissage, le jeu vidéo et la simulation. Cela permet un apprentissage expérientiel, innovant, et surtout qui permet de sensibiliser dans un contexte bienveillant. On ne voulait pas quelque chose de trop autoritaire.

On s’est aussi appuyés sur l’expertise du Dr Alice Baras, qui a écrit Le cabinet de santé écoresponsable. Elle a participé à la rédaction des explications et des ressources documentaires consultables à la fin du jeu.

Marie-Claire Tuffery : On a regroupé différentes mauvaises pratiques en lien avec trois piliers de la démarche écoresponsable. On aborde la consommation d’énergie, la mobilité et la limitation des polluants environnementaux.

Par exemple, on évoque l’usage des gels hydroalcooliques, l’achat responsable et l’éco-prescription. Cela concerne tous les professionnels de santé, pas uniquement les médecins.
On insiste aussi sur l’utilisation, encore très présente, du drap d’examen jetable et la gestion des déchets. Il y a encore beaucoup de confusion autour des DASRI. Avant, on disait que tout ce qui avait été en contact avec du sang devait être jeté. Aujourd’hui, les règles ont évolué, mais beaucoup continuent à jeter excessivement. Cela a un impact environnemental et aussi économique.

 

« On ne peut pas être sûr que les mauvaises pratiques évoquées ont été arrêtées par la suite par les médecins. Mais, nous avons semé une graine qui pourrait germer. »

 

Quels retours avez-vous eus des médecins ?

Dr Marie-Claire Tuffery : On a présenté le jeu lors d’une journée inter-URPS avec les différentes professions de santé. Les retours ont été très enthousiastes.

Cela a libéré la parole, notamment sur certaines pratiques comme l’utilisation de l’eau de Javel. Certains ont réalisé que ce n’était pas forcément nécessaire et que cela pouvait être toxique.

Mélina Icard : On ne peut pas être sûr que les mauvaises pratiques évoquées ce jour-là ont été arrêtées par la suite par les médecins. Mais, nous avons semé une graine qui pourrait germer. 

Dr Marie-Claire Tuffery : Il y a tout de même un impact. On a, par exemple, été sollicités par des CPTS dans les Alpes-Maritimes pour mettre en place une charte du cabinet écoresponsable avec différents niveaux d’engagement.

Mélina Icard : Dans les établissements de santé (hôpitaux, CHU, cliniques), il y a des obligations réglementaires. En médecine libérale, il y a moins de contraintes environnementales. C’est pour cela qu’il est primordial de s’attaquer à la sensibilisation des médecins de ville.

Dr Marie-Claire Tuffery : Il faut les sensibiliser dès l’installation, notamment sur les matériaux et la consommation d’énergie des cabinets. Même ce n’est pas modifiable, il faut commencer par là si c’est possible.

 

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