Téléconsultation et gériatrie : le cocktail aquitain qui fonctionne

Le troisième âge est aussi connecté

Organisser la téléconsultation pour les seniors isolés : un défi que Maryse Delibie, directrice de plusieurs centres de soins en Aquitaine et vice-présidente de l’association « Agir pour la télémédecine », relève depuis maintenant deux ans. Elle raconte son expérience à What’s up Doc.

En Aquitaine, comme dans beaucoup d’autres régions de France, l’accès aux soins n’est pas aisé pour les patients âgés. Face à cette situation, la télémédecine peut aider. C’est pourquoi Maryse Delibie, directrice générale du Centre hospitalier inter-communal Ribérac-Dronne et de l’Ehpad « La Porte d'Aquitaine » à La Roche-Chalais, tous deux situés en Dordogne, a tout fait pour intégrer le programme de soins à distance mis en place par son ARS. 

« Amener le médecin jusque chez les patients nous semblait indispensable pour une patientèle vieillissante pour laquelle il est de plus en plus difficile de se déplacer », explique la fonctionnaire. Depuis 2013, l’ensemble des soignants des deux établissements qu’elle dirige a donc réorganisé son emploi du temps pour y intégrer des téléconsultations, essentiellement en gériatrie. « Les généralistes ont été réticents au départ, même s’ils ne sont pas fondamentalement opposés à ce projet », se souvient Maryse Delibie.

Du pus et de la sueur

Le premier projet mis en place portait sur les plaies et cicatrisations. Le médecin, à un bout de la ligne, est assisté à l’autre bout par une infirmière et un aide-soignant. Ces derniers manipulent une caméra qui permet au praticien de visualiser en détail la plaie de son patient.

Le médecin peut ensuite guider l’infirmière pour par exemple la détersion d’une escarre, et l’arrêter si le geste devient trop médical. Dans ces rares cas, le patient est dirigé vers une consultation physique. « La téléconsultation a l’autre avantage de permettre un gain de temps conséquent puisque les soignants acquièrent de nouvelles compétences », s’enthousiasme Maryse Delibie.

Des émotions et une pincée de psychologie

Depuis 2014, la directrice a étendu la téléconsultation aux soins palliatifs et aux troubles du comportement. Les psychiatres et les médecins traitants de ses établissements peuvent donc voir leur patient dans leur propre environnement, ce qui est pour eux plus sécurisant que d’avoir à se déplacer dans un cabinet médical. « Il est plus facile pour le psychiatre d’évaluer l’état d’un patient dans son lieu de vie que lors d’une consultation où l’inconfort et le stress peuvent mener à des crises qui n’ont habituellement pas lieu », constate Maryse Delibie.

Et celle-ci n’est pas du genre à craindre que la consultation à distance détériore le colloque singulier. « La télémédecine n’est pas une modalité d’accès au soin, c’est un complément », souligne-t-elle. « J’ai en mémoire ce patient un peu bourru et opposé au principe même de la consultation à distance, qui s’est levé en fin de rendez-vous pour tendre la main spontanément à l’écran, avant de se rappeler que la consultation avait lieu à distance… »

Source: 

Johana Hallmann

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