Syrie : les hôpitaux bombardés et une situation médicale alarmante

Le Pr Raphaël Pitti fait à nouveau appel à la générosité des Français pour venir en aide aux patients en Syrie. L’UOSSM a besoin d’argent pour mettre en place des cliniques mobiles, face à la destruction des infrastructures de soins.

Terminée, la guerre en Syrie ? Pas pour le Pr Raphaël Pitti et l’Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM), qui rappellent ensemble les conditions sanitaires catastrophiques dans lesquelles se trouvent les populations locales. À travers une pétition sur change.org qui a déjà recueilli près de 200 000 signatures, il demande de l’aide. « Face à l’escalade de la violence dans le nord de la Syrie, à Idleb et Hama, l’UOSSM a besoin de financer la mise en place de nouvelles cliniques mobiles », explique l'ancien médecin militaire.
 
D’après l’UOSSM, 13,2 millions de Syriens ont besoin d’aide humanitaire. Et ils sont de plus en plus nombreux, car les déplacements internes de populations se poursuivent. « Pour atteindre ces personnes qui sont souvent installées dans des camps ou des zones reculées en Syrie, les hôpitaux et les centres de santé primaire ne suffisent plus », ajoute-t-il. « Nous médecins, devons aller à leur rencontre, aller au plus près de leurs besoins. Dans ce contexte, l'enjeu des cliniques mobiles devient donc crucial ».

Les hôpitaux bombardés

Il est crucial, notamment face à la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les infrastructures sanitaires. Au plus fort du conflit, l’UOSSM alertait sur le sort réservé aux établissements de santé. Alors qu’aux yeux du monde, la situation s’est apaisée, les attaques continuent. Le 17 mai, elle communiquait une nouvelle fois sur la destruction par les bombes d’une maternité et d’un hôpital pour enfants dans la région d’Idleb (Nord-ouest de la Syrie, à une cinquantaine de kilomètres l’Alep).
 
« L’hôpital était muni de nombreuses couveuses, ainsi que d’un service de dialyse. Il accueillait environ 6000 patients par mois, sa destruction est catastrophique pour un secteur médical déjà en difficulté ». Au total, d’après l’ONG, 19 hôpitaux et structures de santé auraient été ciblés en 20 jours, et 13 en une dizaine de jours fin avril-début mai.
 

Source : UOSSM
 
« Les patients évitent de se rendre dans les hôpitaux car ils savent qu’ils vont être bombardés », explique le Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM. « Le personnel est terrifié à l’idée de se rendre sur leur lieu de travail ». Face à la situation, les cliniques mobiles apparaissent donc comme une solution dans l’urgence.
 
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L’UOSSM, Union des organisations de soins et secours médicaux, est une ONG française et internationale dont le but est de garantir aux populations touchées par la guerre en Syrie et aux réfugiés Rohingyas au Bangladesh, un accès permanent à des soins de santé de qualité et gracieux. Elle s’est structurée autour de médecins syriens et internationaux. Elle soigne « toutes les personnes qui en ont besoin sans aucune considération pour leur nationalité, leur origine ethnique, leur sexe, leur religion ou leurs opinions politiques ».
Portrait de Jonathan Herchkovitch

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