Les hôpitaux syriens encore attaqués

La guerre est loin d’être terminée

L’Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM) dénonce les « crimes de guerre » que représentent les attaques incessantes que subissent les hôpitaux dans le nord-ouest de la Syrie.

Les jihadistes reculent. Homs, Alep et Raqqa ont été reprises, et les nouvelles que nous recevons en provenance du front syrien laissent à penser que la guerre est terminée. Mais des poches de résistance sont encore très actives, comme dans le nord-ouest du pays. C’est notamment le cas à Idleb, proche de la frontière turque, où rebelles anti-Assad et jihadistes se sont associés. Les forces du régime syrien y sont à l’attaque, comme dans toute la province. Forçant au passage le déplacement des populations.

Dans leur offensive, les militaires du régime ne semblent pas vraiment faire de distinction. C’est ainsi que les installations médicales sont touchées par des bombardements. Ciblées, même, d’après l’UOSSM. « L’année 2018 s'avère être une nouvelle année terrifiante pour les médecins en Syrie », a déclaré le Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM France. « Il y a, en moyenne, une attaque toutes les 24 heures. Ces attaques sont incontestablement des crimes de guerre, tout comme celles de ces 6 dernières années ».

Trois attaques en 24 heures

Ce lundi matin, trois frappes aériennes auraient visé l’hôpital chirurgical Kafr Nabil d’Idleb, « provoquant des dégâts considérables et la mise hors-service de l’établissement ». Plusieurs blessés sont à déplorer parmi le personnel et les patients.

L’hôpital soigne une population de 400 000 personnes et en prend en charge environ 5 000 par mois, dont une centaine d’opérations chirurgicales, souligne l’UOSSM.

La veille, dans la même ville, c’est l’hôpital central de Maarat Al Nouman, qui réalise 400 chirurgies par mois, qui a subi quatre bombardements, forçant sa fermeture. « Plusieurs patients ont été évacués, dont des nourrissons au bord de l’asphyxie alors que leurs incubateurs étaient endommagés ». Un centre de santé a également été détruit.

Retour des bombes au chlore

En plus des attaques régulières sur les hôpitaux, les médecins locaux doivent faire face à l’afflux de blessés par armes chimiques. L’UOSSM dénonce des attaques au gaz chloré du côté de Saraqeb, dans la même province, qui auraient fait 17 blessés lundi. Les victimes transférées à l’hôpital présentaient toutes des « difficultés respiratoires, conduisant à la suffocation, et une forte odeur de chlore sur les vêtements ». Ce serait la quatrième attaque de ce type comptabilisée par l’organisation depuis le début de l’année.

« 2018 a également vu l'utilisation généralisée du chlore lors d’attaques contre les civils. Le monde ferme les yeux sur ces atrocités, annihilant le droit humain et international », s’indigne Ziad Alissa.

Depuis le 1er janvier, des attaques ont été recensées sur neuf ambulances et 30 installations médicales, d’après le Syrian Network for Human Rights (SNHR). Elles ont tué sept soignants.

Photo : Courtesy of Organ Museum

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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