La 20e conférence internationale sur le sida se tiendra à Melbourne en Australie à partir du 20 juillet. L'occasion de faire le point sur une lutte qui dure maintenant depuis plus de 30 ans...
A la fin de l’année 2013, l’Onusida estime que « 35 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde », dont 24,7 millions en Afrique subsaharienne et 4,8 millions en Asie et Pacifique.
THE good news, c’est la baisse historique des décès liés au sida : ils « sont au plus bas depuis le pic de 2005, avec une baisse de 35% », souligne l’Onusida, en 10 ans donc ! La tuberculose continue d’être la principale cause de décès parmi les personnes vivant avec le VIH. En 2013, 1,5 million de personnes atteintes du sida sont décédées, soit une baisse de 11,8% en un an.
Cette chute s’explique en partie par les progrès obtenus en termes d'accessibilité aux traitements antirétroviraux pour les populations défavorisées et par l’usage des traitements à titre préventif, actuellement à l’étude. En Afrique subsaharienne, près de 90% des personnes testées positives pour le virus ont accès à ces traitements.
Autre nouvelle encourageante, le nombre de nouvelles infections est également en déclin : il est passé de 2,2 millions en 2012 à 2,1 millions en 2013 et a chuté de 38% entre 2001 et 2013. En Afrique subsaharienne, trois pays représentent à eux seuls 48% de toutes les nouvelles infections à VIH : Afrique du Sud, Nigéria et Ouganda. La baisse est encore plus spectaculaire chez les enfants, avec - 58% de nouvelles infections en 10 ans. « Les nouvelles infections à VIH parmi les enfants sont tombées pour la première fois sous la barre des 200 000 dans les 21 pays les plus affectés d’Afrique », note l’Onusida. Une sacrée avancée quand on repense aux projections catastrophiques prévues pour les populations de cette région du monde il y a une quinzaine d'années !
Cependant, on ne peut crier victoire. Si les chiffres sont meilleurs, ils demeurent élevés. Comme Michel Sibidé le rappelle : « la bataille est loin d’être terminée ». En effet, « 22 millions de personnes n’ont pas accès à un traitement salvateur » et sur 35 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, 19 millions ne savent pas qu’elles ont le virus. L’objectif de l’Onusida est de permettre à 90 % des personnes ne connaissant pas leur statut d’être dépistées d’ici 5 ans.
Enfin, même si les fonds alloués pour la recherche ont quadruplé en 10 ans (19,1 milliards de dollars en 2013 contre 4,6 milliards 10 ans plus tôt), l’Onusida estime qu’il faudrait entre 22 et 24 milliards par an pour financer la lutte contre le sida. « En mettant fin à l'épidémie d'ici à 2030, le monde éviterait 18 millions de nouvelles infections et 11,2 millions de décès liés au sida entre 2013 et 2030 », conclut l’organisation. A bon entendeur...
*L’Onusida est le programme commun des Nations Unies destiné à coordonner l’action des différentes agences spécialisées de l’ONU pour lutter contre la pandémie de VIH/sida.