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Poursuivi pour harcèlement sexuel, l’ancien praticien a contesté avoir eu l’intention d’importuner la médecin, invoquant des plaisanteries relevant, selon lui, de l’« humour carabin ».
« Si on ne peut même plus rigoler », a-t-il déclaré devant le tribunal. « J’ai toujours fait des blagues, du genre “humour carabin”, je suis même connu pour ça par mes confrères. C’est générationnel. »
D’après les éléments exposés à l’audience, le prévenu avait notamment envoyé à sa consœur des photographies de femmes légèrement vêtues, en l’encourageant à venir habillée de manière similaire au cabinet. Il lui avait également adressé des émojis et des jeux de mots à connotation sexuelle.
La jeune femme avait pourtant indiqué à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas recevoir ces messages, qu’elle considérait comme des tentatives d’approche insistantes.
Des messages maintenus malgré les refus
Interrogé par la présidente du tribunal sur la répétition des envois, le médecin retraité a reconnu le caractère inadapté de ses plaisanteries, tout en affirmant n’avoir recherché aucune relation sexuelle.
« J’ai pu croire à un moment que ça la faisait rire, et il s’avère que non. Mais il n’y avait pas d’autre intention, compte tenu de la différence d’âge, que de faire l’intéressant », a-t-il soutenu.
La présidente lui a rappelé qu’il n’était pas poursuivi pour agression sexuelle, mais pour des gestes et des propos déplacés. « Les messages, c’est comme un rapport sexuel, ça doit être consenti. À quel moment vous ne comprenez pas que votre consœur ne veut pas recevoir vos messages ? Elle vous le dit et le répète », a-t-elle relevé.
Le prévenu a estimé que son parcours professionnel plaidait en sa faveur, expliquant avoir accueilli de nombreux confrères en stage au cours de ses 40 années d’exercice. « Si j’étais un prédateur sexuel, ça se saurait. En 40 ans de pratique, j’ai eu des milliers de patients et des centaines de collègues », a-t-il affirmé.
Il a également décrit les conséquences personnelles de la procédure, évoquant des troubles du sommeil et la prise d’antidépresseurs. Selon lui, les conditions de l’enquête, notamment l’audition de membres du personnel devant des patients, auraient aussi porté préjudice à l’établissement dans lequel les faits se sont déroulés.
Le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une amende de 2 000 euros.
Avec AFP
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