RC3 : Une spécialisation pour tous, dès le départ

Des étudiants mieux formés à leur spécialité ? Telle a été la volonté à l’origine de la réforme du troisième cycle des études médicales. Cette réforme, mise en œuvre à la rentrée 2017, a fait disparaître les 11 DESC (diplômes d'études spécialisées complémentaires) qualifiants et les 20 DESC non-qualifiants que les internes préparaient autrefois pendant leur internat et leur post-internat. « Le post-internat retrouve sa raison d’être et ne sert plus à la formation initiale », souligne le rapport officiel qui a sous-tendu l’architecture de la réforme. Autre résultat : tous les internes sont invités à choisir leur spécialité plus tôt.

De nouveaux DES

Exit les DESC, donc, au profit d’un diplôme unique, à la fois nécessaire et suffisant pour exercer : le DES (diplôme d'études spécialisées). On en compte 44 et parmi eux, des petits nouveaux. La réforme a en effet créé sept nouvelles spécialités médicales : médecine d’urgence, gériatrie, médecine légale et expertises médicales, allergologie, médecine intensive-réanimation, maladies infectieuses et tropicales, et enfin, médecine vasculaire.

Autre changement de taille : la disparition du DES de chirurgie générale. A présent, les internes n’auront plus à suivre ce parcours pour se spécialiser par la suite. Ils choisiront d’emblée leur spécialité chirurgicale parmi les 13 DES qui ont été créés. La création de ces nouveaux DES amène ainsi les étudiants à se spécialiser plus précocement, dès l’entrée dans la phase socle.

« Sécuriser les parcours »

Pour le président de l’ISNI (InterSyndicale Nationale des Internes), la réforme a visé un double objectif en invitant les internes à se spécialiser plus tôt. « Cela permet d’avoir un visuel sur les contingents qu’on emmène aux diplômes - ce qui a une utilité en termes de santé publique. Par ailleurs, cela sécurise les parcours : quand on rentre en orthopédie, on est sûr de faire de l’orthopédie ! », explique Jean-Baptiste Bonnet.

Mais cela est-il pour autant souhaitable pour les étudiants ? Sont-ils tout à fait certains, en démarrant leur internat, de la spécialité dont ils feront leur métier ? Bien sûr, le droit au remord demeure en l’état et le jeune médecin peut toujours rebrousser chemin, dans des conditions similaires à celles de l’ancien système - au plus tard avant la fin du deuxième semestre de la phase d’approfondissement. Mais le risque de fausse route est bien là. Par ailleurs, certaines spécialités pourraient en pâtir. « Cela est notamment vrai pour une spécialité toute jeune comme la gériatrie, qui manque de visibilité et peut rencontrer de vraies difficultés de recrutement », poursuit Jean-Baptiste Bonnet.

Quid des doubles spécialités ?

Une autre crainte existe concernant la médecine d’urgence. « Avant, quand les personnes voulaient quitter la médecine d’urgence, elles retournaient à la médecine générale puisqu’elles avaient aussi un DES médecine générale. Aujourd’hui, ce ne sera plus le cas : elles n’auront qu’un DES médecine d’urgence », souligne Jean-Baptiste Bonnet. Les DESC impliquaient d’avoir une double spécialité. Le système tout DES impose de choisir une spécialité.

Par contre les FST (formations spécialisées transversales), au nombre de 23, ont vocation à permettre aux jeunes de se surspécialiser (article sur le sujet à venir) en gardant leur spécialité d’origine.

Par ailleurs, les craintes soulevées par l’Isni restent « mesurées ». « Seul le temps nous permettra de voir si elles sont fondées. Il faut aussi savoir donner sa chance aux réformes, avancer et laisser la place aux spécialités d’émerger et aux internes de les vivre ! »

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