Plus vite on arrive à l’hôpital, moins on meurt : a quoi servent les Smurs alors ?

Une étude française signe la fin des Smurs sur tous les accidents graves

Pour chaque 10 minutes supplémentaires passées en pré-hospitalier, le risque de décès à l’hôpital des traumatisés graves augmente de 4 %. On pourrait croire à première vue en lisant cette étude publiée par Tobias Gauss (hôpital Beaujon, Clichy) que l’on ne parle pas du système de prise en charge français avec l’envoi de médecins par le biais des Smurs auprès des patients les plus graves.
Et bien non, l’étude a été menée en France sur 10 126 patients entre 2009 et 2016 en région parisienne ou en Rhône Alpes. En moyenne, en région parisienne le temps passé en pré-hospitalier était plus long qu’en Rhône-Alpes (73 contre 60 minutes). Une durée « comparable avec celle d’autres systèmes européens de médecine d’urgence, mais supérieure à celle de systèmes reposant sur les paramedics » selon les auteurs. Plus la durée des soins avant d’arriver à l’hôpital était longue, plus la mortalité augmentait et plus le nombre d’interventions nécessaires augmentait pendant le séjour hospitalier.
Scoop and run
Alors cette étude devrait-elle contribuer à adopter la généralisation des paramedics en France et de leur technique du « Scoop and run » américain (transférer à l’hôpital au plus vite) au dépens du « Stay and play » français (traiter sur place) ? A priori oui. Mais plus probablement, les indications de prises en charge par des équipes médicalisées devraient être mieux pesées pour ne pas être préjudiciables aux patients. Et cette approche permettrait de mieux répartir l’activité des médecins urgentistes entre leurs trois pôles de prédilection : les Smurs, les urgences et la régulation. Reste à convaincre les principaux intéressés….

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