© Midjourney x What's up Doc
Cette commission « a adopté, à l’unanimité, la proposition de résolution européenne » présentée par Pascale Gruny, Bernard Jomier et Cathy Apourceau-Poly pour renforcer la disponibilité des médicaments et l'autonomie sanitaire de l'Union européenne, selon un communiqué.
En mars, la Commission européenne a proposé de nouvelles règles pour soutenir la fabrication de médicaments critiques — pour lesquels il est essentiel d'éviter des ruptures d'approvisionnement — et améliorer leur disponibilité dans l’UE, confrontée ces dernières années à des pénuries récurrentes, atteignant des niveaux records en 2023 et 2024.
La commission du Sénat souhaite aller plus loin, en proposant que « les États membres (de l'UE) puissent soutenir la production d’un médicament, dès lors que des difficultés d’accès à celui-ci ont été constatées dans au moins trois États membres », selon un communiqué.
Elle suggère également que les États membres puissent « demander aux entreprises le remboursement des aides perçues lorsque les engagements d’approvisionnement ne sont pas tenus » et qu'ils continuent à leur « imposer des obligations de stocks de sécurité ».
Recentrer la production en Europe
La commande publique pourrait servir, selon les sénateurs, à encourager une production de médicaments en Europe, en complément de la production asiatique, notamment pour les projets jugés stratégiques.
Ils souhaitent ainsi que « le respect des normes sociales et environnementales » soit pris en compte lors de ces achats et donner la priorité aux entreprises réalisant « une part significative » de leur production de médicaments critiques sur le sol européen.
La Cour des comptes européenne a conclu dans un rapport publié en septembre « qu’il n’existe pas encore de cadre efficace pour les pénuries critiques de médicaments », soulignant qu’« aucun mécanisme n’est prévu pour garantir le respect de l’obligation de signaler les pénuries en temps utile ».
Si elle a jugé que la première liste de médicaments critiques à l’échelle de l’UE, sortie fin 2023, constitue « un grand pas en avant », elle a regretté que les propositions de Bruxelles ne prévoient pas « d’outil juridiquement contraignant permettant à l’Agence européenne du médicament (EMA) et au groupe de pilotage sur les pénuries de médicaments d’influencer l’action de l’industrie durant une pénurie critique ».
La Belgique, championne européenne de la pénurie de médicaments, au grand dam de ses pharmaciens
Elle a aussi préconisé « des mesures visant à harmoniser les emballages de médicaments au sein de l’UE », où il est difficile de redistribuer des médicaments stockés sachant que chaque pays a ses propres exigences en la matière.
Avec AFP
A voir aussi
Épilepsie : tension sur Alepsal de Teofarma, des alternatives sans caféine existent
La Commission européenne autorise Rezurock (Sanofi) contre la maladie chronique du greffon contre l’hôte
Il délivrait presque autant de fentanyl que de paracétamol : un généraliste girondin devant le tribunal
Après une acquisition en oncologie, Novartis s'offre des anti-allergiques nouvelle génération
À cause des prix, la France redoute de passer à côté de certains nouveaux médicaments
Le Dupixent de Sanofi élargit encore son champ d’action au Japon avec la pemphigoïde bulleuse
Bilan du vaccin contre le chikungunya : 62 cas d'effets indésirables dont 21 graves
Ozempic/Wegovy bientôt en générique dans une large partie du monde : une révolution d’accès…