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Près d’1 Français sur 2 (48 %) déclare avoir ressenti un manque de coordination dans son suivi médical au cours des 12 derniers mois, avec des écarts marqués selon le genre (53 % chez les femmes contre 43 % chez les hommes).
Dans le détail, les patients évoquent des examens redondants, des informations mal transmises ou encore des consignes contradictoires, signes d’un parcours de soins encore largement morcelé.
Conséquence directe : 75 % des Français disent devoir eux-mêmes faire le lien entre les professionnels de santé, dont 22 % « souvent ». Cette proportion atteint 79 % en Île-de-France et 80 % en Centre-Val de Loire.
Une coordination encore trop rare
Malgré cette attente forte, seuls 25 % des Français déclarent avoir déjà bénéficié d’une prise en charge coordonnée, et à peine 10 % à plusieurs reprises.
À l’inverse, plus d’1 sur 2 (54 %) affirme n’en avoir jamais bénéficié, un chiffre qui monte à 61 % chez les 65 ans et plus, pourtant les plus consommateurs de soins.
Ce décalage entre attentes et réalité constitue l’un des enseignements majeurs de l’étude.
Un consensus massif sur les bénéfices du travail en équipe
Pour les médecins, le signal est clair : la coordination est largement plébiscitée par les patients.
Plus de 80 % des Français reconnaissent ses bénéfices, notamment :
- 84 % pour une meilleure prise en charge
- 82 % pour une meilleure qualité de suivi
- 82 % pour un accompagnement dans la durée
- 81 % pour un gain de temps dans la pratique médicale
- 80 % pour un gain de temps pour le patient et pour la prévention
Ces scores montent encore chez les patients ayant expérimenté la coordination (jusqu’à 89 % d’opinions positives).
Les MSP largement plébiscitées
Cette adhésion se traduit concrètement dans les préférences d’organisation des soins : 82 % des Français souhaitent l’installation d’une maison de santé pluriprofessionnelle sur leur territoire, contre seulement 12 % pour un professionnel isolé et 6 % pour la télémédecine .
Les MSP sont d’abord perçues comme « une équipe de professionnels de santé » (81 %), signe que leur dimension collective est bien identifiée, même si leur fonctionnement reste encore parfois flou pour une partie de la population.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/parcours-de-soins-comment-lameliorer-pour-le-patient
Prévention : un angle mort du système
Si 57 % des Français estiment recevoir suffisamment de conseils en prévention, 43 % jugent cet accompagnement insuffisant .
Le déficit est particulièrement marqué chez :
- les femmes (46 %)
- les 18-24 ans (47 % ne se sentent pas suffisamment accompagnés)
À l’inverse, les patients ayant bénéficié d’une prise en charge coordonnée se déclarent nettement mieux suivis en matière de prévention (69 %, soit +12 points).
Source:
L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas sur les critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle après stratification par région et catégorie d’agglomération. Un redressement statistique a également été appliqué sur le niveau de diplôme. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 12 février 2026.
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