Nicolas Revel et ses DMP à la pelle

Par dizaines de millions !

Le directeur général de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), a annoncé le lancement national du Dossier médical partagé (DMP) dès l’automne 2018. Et apparemment, ça va dépoter.

Le DMP, cette arlésienne. Il fait partie de ces promesses d’avenir, comme les voitures volantes du 21e siècle, la fin des sans-abris qui dorment dehors en plein hiver. Mais cette fois-ci, c’est promis ! Il sera officiellement lancé dans toute la France dès l’automne 2018 !

Le directeur général de la Cnam l’a confirmé le 8 février dernier. Tout comme Roselyne Bachelot le 22 juillet 2010... « Je m’étais engagée à lancer le DMP en 2010, et cet engagement sera tenu », avait-elle alors annoncé devant une foule en délire, alors qu’elle était ministre de la Santé.

Pour atteindre la lune, visons les étoiles

Mais là c’est sûr, pas de fausse promesse. Le dossier médical partagé – et non plus personnel – sera diffusé dans la France entière, douze ans seulement après les premières expérimentations et quatorze après son lancement officiel. En 2016, lorsque l’Assurance Maladie a repris le dossier, seulement 600 000 dossiers avaient été créés. En une année, 400 000 supplémentaires ont permis d’atteindre le million ! Ça s'ambiance à la Cnam.

Mais Nicolas Revel ne s’en contente pas. « L’objectif est d’aller très vite et d’ouvrir, d’ici quatre ou cinq ans, plusieurs dizaines de millions de DMP avec des données abondantes et fréquemment actualisées », a déclaré le DG de la Cnam, ce mercredi dans Les Échos.

« Dit comme ça, ça a l’air très simple. Ne me demandez pas pourquoi, c’est en fait très compliqué ». Et c’est Edouard Philippe qui le dit. « Compliqué, mais pas impossible », a-t-il nuancé le 13 février dernier à l’Hôpital Simone Veil d’Eaubonne (Val-d'Oise), au cours d’un discours sur la stratégie de transformation du système de santé. Il espère que l’ensemble des assurés sera inscrit d’ici 2022.

Un peu pour les patients, un peu pour les médecins

Nouvelles ambitions pour une nouvelle version. Le DMP pourra être rempli par les assurés eux-mêmes – et non plus seulement par le médecin –, à domicile ou dans les CPAM, et même dans les pharmacies pour un petit euro.

Dès leur ouverture, ils contiendront les informations des deux années précédentes, histoire de ne pas se retrouver devant un tableau vide. Et le DMP est rentré de plain-pied dans la modernité, avec des applications iOS et Android déjà prêtes, et testées en ce moment dans les neuf départements pilotes, depuis octobre 2017.

Le but : impliquer les patients dans le DMP, pour le promouvoir. Ils sont apparemment déjà convaincus de son utilité : un sondage BVA Santé suggère que 69 % des Français seraient prêts à ouvrir leur dossier.

Les généralistes seront aussi incités, avec quelques deniers supplémentaires dans la balance. Ils rempliront « les volets de synthèse médicaux qui ont vocation à alimenter le DMP, de même que les résultats d’analyse transmis par les laboratoires de biologie », a précisé Nicolas Revel. Alors, prêts pour le changement ? Apparemment, c’est maintenant. Peut-être.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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