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La France reste la première destination des médecins marocains prêts à partir, devant le Canada, la Belgique, l’Allemagne et les pays du Golfe. L’attractivité de ces pays tient autant aux besoins de main-d’œuvre médicale qu’aux perspectives professionnelles offertes.
Pour Djamila Chekrouni, économiste spécialiste des dynamiques migratoires et professeure à l’université Mohammed-V de Rabat, interrogée par Le Monde, il ne s’agit pas d’un épisode isolé mais d’une « tendance longue ». La chercheuse résume l’enjeu sans détour : « Les médecins ne quittent pas uniquement un pays pour un meilleur salaire. » Ils quittent aussi un système qui ne leur offre pas des conditions d’exercice, de reconnaissance et de progression à la hauteur de leur formation.
Un système public sous pression
La mort de huit femmes venues accoucher par césarienne au centre hospitalier régional Hassan-II d’Agadir, en août 2025, avait provoqué une forte émotion au Maroc et relancé la contestation sur l’état de l’hôpital public. Le gouvernement a depuis promis un renforcement des effectifs, de meilleures conditions de travail et davantage d’investissements dans les infrastructures.
Mais le problème est plus profond. Le Maroc consacrait 6 % de son PIB à la santé en 2022, un niveau présenté comme insuffisant au regard des besoins. Pendant des années, le secteur a été relégué derrière d’autres priorités d’investissement public. Résultat : surcharge des équipes, pénuries, infrastructures fragiles, zones rurales particulièrement exposées.
Le départ comme signal d’alarme
Chaque médecin qui part aggrave la charge de ceux qui restent. Les délais de prise en charge s’allongent, les territoires déjà fragiles se retrouvent encore plus exposés, et certaines spécialités deviennent vulnérables car elles sont aussi recherchées à l’étranger.
L’exode médical n’est donc pas seulement une perte de compétences. C’est aussi une perte économique pour le pays, qui finance la formation de médecins dont bénéficieront ensuite d’autres systèmes de santé. Donc le notre...
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