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Une flambée fulgurante
À la date du 7 juillet, 600 décès sur 1 759 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l’épidémie actuelle, a indiqué jeudi l’OMS, ajoutant que le bilan restait stable, deux morts pour 20 cas confirmés, en Ouganda voisin.
Le virus Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels des personnes vivantes ou mortes et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L’épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
« Malheureusement, le virus continue de devancer notre réponse. Il se répand plus vite que se déploient les moyens pour contrôler la situation », a déclaré le docteur Wessam Mankoula lors d’un point de presse en ligne de l’Africa CDC.
« Nous continuons de faire face à l’épidémie d’Ebola connaissant la propagation la plus rapide jamais enregistrée », a-t-il constaté, « pas seulement parmi les épidémies de virus Bundibugyo, mais parmi tous les différents virus provoquant Ebola ».
Durant les six premières semaines de l’actuelle épidémie, 1 596 cas ont été recensés, contre 994 lors des six premières semaines de l’épidémie ayant frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, a noté le docteur Wessam Mankoula.
Cette épidémie ouest-africaine, la plus meurtrière de maladie à virus Ebola de l’histoire, a fait plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Dans l’est de la RDC, le nombre de cas continue d’augmenter de façon régulière et on estime qu’il double tous les 28 jours environ, selon le docteur Wessam Mankoula.
Des moyens sous pression
« L’épidémie continue de s’étendre et son ampleur réelle n’a pas encore été pleinement établie », a de son côté indiqué plus tôt dans la semaine Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC.
« Malgré des progrès encourageants, nous continuons toutefois de faire face à des défis majeurs. Les centres de traitement actuels fonctionnent à environ 90 % de leur capacité, ce qui exerce une pression considérable sur la réponse sanitaire », a-t-elle ajouté.
C’est la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, mais il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour le variant Bundibugyo. Un essai clinique portant sur deux traitements a commencé le 2 juillet, selon l’OMS, qui a également accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moléculaire de ce virus.
L’OMS avait alerté dès le 19 mai sur « l’ampleur et la rapidité » de propagation de l’épidémie dans l’est de la RDC. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) s’était de son côté, à la mi-juin, inquiétée de « dangereuses lacunes » dans la réponse à l’épidémie, « progressant plus rapidement que la réponse ».
« Nous avons besoin de plus de moyens », que ce soit « plus de moyens financiers ou être capables de déployer plus de moyens humains, pour contrôler cette épidémie rapidement », a souligné le docteur Wessam Mankoula, estimant les besoins à 1,4 milliard de dollars et exhortant les bailleurs à débloquer des fonds.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/premier-cas-francais-debola-chez-un-medecin-de-retour-de-rdc
L’insécurité complique tout
Le foyer de l’épidémie se situe en Ituri, province du nord-est de la RDC frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, en proie aux violences de milices et de groupes armés. Le virus s’est propagé aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23.
Une personne infectée venant d’Ituri est également décédée dans la province voisine du Haut-Uélé et deux cas ont été enregistrés dans la grande ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo.
« Les déplacements de population, l’insécurité persistante et la fragilité du système de santé continuent de compliquer les efforts visant à maîtriser l’épidémie », a expliqué Anne Ancia.
Avec AFP
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