Malaise des PH : 305 CME montent au créneau !

En parallèle de la grève illimitée lancée à l’initiative de la SNPHARE lundi dernier, les CME des CH et CHS ont décidé de réagir. Le soir même, la Conférence des Présidents des CME de CH publiait une motion dénonçant le malaise hospitalier votée par 305 CME.​
 

305. C’est le nombre de Commissions médicales d’établissements (CME) de Centres Hospitaliers et Centres Hospitaliers Spécialisés qui ont adopté une motion visant à dénoncer le malaise persistant des communautés médicales. Une liste longue comme le bras qui paraît en parallèle de l’annonce de la grève illimitée des praticiens hospitaliers lancée, lundi 11 janvier, à l’initiative de la SNPHARE. « Le plan « Investir pour l’hôpital 2019 » et les accords du Ségur ne répondent pas, aux yeux de l’ensemble des praticiens de l’hôpital, aux défis de l’attractivité et de la fidélisation », ont-ils lâché dans cette motion relayée par la Conférence des Présidents au soir du premier jour de grève.
 
Dans leur viseur notamment ? La suppression des premiers échelons pour les primo-nommés et la mise en place d’échelons supplémentaires en fin de carrière. Des mesures pensées pour relancer l’attractivité des carrières hospitalières, jugées inéquitables pour ceux déjà en poste. « Cette motion demande notamment l’application au bénéfice de tous de la fusion des quatre premiers échelons pour que l’ensemble des praticiens hospitaliers ayant la même durée dans le service accomplie bénéficient de la même rémunération », martèlent d’une même voix les 305 CME. Une revendication, portée depuis de longs mois par la SNPHARE, qui est d’ailleurs l’une des principales raisons de la mobilisation des grévistes. « Dans les faits beaucoup de praticiens déjà nommés ne bénéficieront pas du nouveau 13e échelon atteignable seulement après 36 années passées au service de l’hôpital public », ajoute de son côté la conférence présidée par le Dr Thierry Godeau au travers d’un communiqué de presse.
 
Une problématique sociale brûlante qui s’ajoute à celles déjà évoquées depuis de nombreuses années. « Qualité de vie au travail, management, gouvernance, conditions d’exercice… », énumère la conférence. Des attentes importantes troublées par l’actuelle proposition de Loi Rist, qui a pour objectif de concrétiser les mesures non budgétaires issues des conclusions du Ségur de la Santé. « En débattre en pleine crise sanitaire et alors que les ordonnances tant attendues sur la remédicalisation de la gouvernance ne sont pas connues est un affront vis-à-vis des communautés médicales en remettant déjà en cause les équilibres qui faisaient consensus et qui devaient se traduire réglementairement », s’insurgent-ils. Et la conférence d’ajouter : « Même si de nombreux articles ont été sensiblement améliorés en 1ere lecture à l’Assemblée nationale, elle laisse l’impression que les engagements sur la remédicalisation de la gouvernance sont déjà remis en cause ».
 
Autant d’éléments qui poussent les CME à unir leurs voix pour espérer se faire entendre du gouvernement. « Les moyens « historiques » annoncés ces derniers mois ne comblent pas le fossé creusé ces quinze dernières années et laissent nos communautés incrédules et inquiètes, tant la visibilité des mesures annoncées reste réduite », alertent-ils. De nombreuses mises-en-garde que les 305 CME signataires espèrent voir bientôt suivies de « clarifications ». « Nous souhaitons […] qu’un premier signal soit rapidement envoyé en appliquant à tous la nouvelle grille des praticiens hospitaliers », concluent-ils.
 

23 CME de CHU signent une motion parallèle

« Nous constatons une réelle iniquité du déroulé de carrière avec une perte d’ancienneté de 4 ans pour les praticiens déjà nommés par rapport aux nouveaux entrants. […] Par ailleurs, l’accès aux derniers échelons nouvellement créés sera difficile », s’accordent également à dire 23 CME de CHU. Un avis relayé au travers du vote d’une motion parallèle centrée autour de la question de la grille salariale et de l’ancienneté.  « Je l’ai modifié car je trouvais que la motion rédigée par Thierry Godeau avait un caractère trop syndical et polémique », nous indique le président des CME de CHU François René Pruvot, qui s’étonne de se voir associé au travail de son confrère.  Une décision prise notamment à cause d’une divergence d’opinions. « Le Ségur a quand même été une avancée significative. Indemnité du service public, prime d’engagement territorial… », détaille celui qui se montre tout de même plus sceptique quant aux réponses apportées à la question de la gouvernance et de la simplification.
 

 
 

Portrait de Julia Neuville

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