L'Évangile selon Cédric

Ciné week-end : Ce qui nous lie, de C. Klapisch (sortie le 14 juin 2017)

Jean, fils prodigue élevé dans l'amour du vin et la haine du père, revient au bercail alors que ce dernier est à l'agonie. Son frère et sa soeur, qui gèrent tant bien que mal le vignoble familial, l'accueillent avec des sentiments contrastés...La réalisation immaculée du dernier Klapisch décrit une sainte famille laïque en abusant un peu trop de la symbolique religieuse.

L'abus de symboles est dangereux pour le ciné ! Ainsi pourrions-nous résumer notre sentiment au sortir du dernier Klapisch. Armé de sa générosité habituelle, de sa facilité à conter de belles histoires qui parlent à tous, il nous plonge au coeur d'une famille au caractère bien trempé - comme le vin qu'elle produit. Mais peine à se renouveler, usant des vieilles ficelles qui avaient fait le succès de la trilogie de L'Auberge Espagnole et qui, du coup, transforment son vin en eau...

Le parcours de Jean, l'aîné parti faire le tour du monde pour échapper à un héritage spirituel trop encombrant et venu - peut-être - récupérer sa part, évoque immanquablement la parabole de l'enfant prodigue de l'Evangile de Luc. Fraîchement accueilli par son jeune frère, qui n'a pas hérité du même talent de vigneron et qui tente de faire survivre le domaine, il va peu à peu redécouvrir la terre à laquelle il est lié depuis sa naissance. Et réussir à concilier sa chaotique vie d'adulte avec celle qu'il a laissée derrière lui. Ce cheminement vers son enfant intérieur est ponctué d'humour facile et de monologues moralisants, pour se conclure par un recours métaphorique un peu trop appuyé.

Pour le reste, le vin, symbole de la communion entre les hommes, semble être le liant entre la fraternité et le besoin de liberté. On peut adhérer à ces valeurs universelles à la fois chrétiennes et républicaines, rapprochant ceux qui croient au ciel de ceux qui n'y croient pas - pour paraphraser Aragon. Ou bien y voir une réclame un peu trop grossière du lobby alcoolier... On peut aussi décider de ne retenir que le bon moment passé en compagnie de ces trois acteurs attachants, qui ont le don de sublimer les défauts de leurs personnages pour laisser transparaître leur grandeur d'âme. Un bon cru. Sans plus.

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

Vous aimerez aussi

Ciné week-end: Demolition, de J.-M. Vallée (sortie le 6 avril 2016)
Critique du film " Pupille ", de Jeanne Herry (sortie le 5 décembre 2018).
Ciné week-end: Silent Voice, de N. Yamada (sortie le 22 août 2018)

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.