Les patients mieux lotis avec des jeunes médecins ?

La sagesse ne fait pas tout

Mardi dernier, le British Medical Journal (BMJ) a publié une étude qui compare le taux de mortalité des patients hospitalisés suivis par des jeunes médecins à celui de malades soignés par des confrères plus âgés.

Qui a dit que les jeunes médecins étaient moins bons que leurs aînés ? Sûrement pas Yusuke Tsugawa et son équipe de l'Université Harvard (Etats-Unis) ! Mardi dernier, ces chercheurs ont publié, dans le British Medical Journal (BMJ), une étude comparative menée auprès de patients américains hospitalisés entre 2011 et 2013. Et pas de doute : les jeunes médecins obtiennent de meilleurs résultats. Comme quoi, l’expérience ne fait pas tout.

Une question peu étudiée

Avant tout, les auteurs rappellent que, jusqu’ici, la relation entre l’âge du médecin et sa performance restait méconnue. Mais la littérature analysée par l'équipe du Massachusetts sous-entend qu’au fur et à mesure que les connaissances scientifiques, la technologie et les pratiques cliniques évoluent, les compétences des médecins deviennent obsolètes.

Pour y voir plus clair, l’équipe de Yusuke Tsugawa s’est posée trois questions : L’âge du médecin traitant et la mortalité des patients après admission sont-ils liés ? Si corrélation il y a, varie-t-elle selon le nombre de patients traités ? Et enfin, l’âge des médecins influence-t-il le taux de réadmissions et celui du coût des soins ?

Les seniors plus dangereux ?

Pour y répondre, les scientifiques ont mesuré le taux de mortalité dans les 30 jours de 740 000 patients, âgés de plus de 65 ans, en fonction de l’âge des 19 000 médecins qui les ont pris en charge.

Résultat : lorsque les médecins ont moins de 40 ans, le taux de mortalité s’élève à 10,8 %. Mais s’ils ont plus de 60 ans, ce chiffre monte à 12,1 %. Pour un médecin de moins de 40 ans, cela équivaut à une personne en plus de sauvée tous les 77 patients traités. Autre mauvais point pour les seniors, le coût des soins est légèrement plus élevé avec eux (+2,4 % par tranche de 10 ans).

Go sur la formation continue 

Comment expliquer une telle différence ? Selon les auteurs, les praticiens plus âgés seraient moins susceptibles d’adhérer aux nouvelles directives. Ils utiliseraient aussi moins souvent les nouveaux traitements et feraient davantage référence à des données cliniques dépassées.

Les médecins de plus de 60 ans sont-ils donc prêts pour la retraite ? Heureusement, non. Déjà, le nombre de réadmissions à 30 jours ne varie pas avec l’âge des médecins. De plus, l’âge des médecins n’est associé à aucune hausse de mortalité chez ceux ayant un volume de patients élevé (plus de 200 cas par an). Une seule conclusion : il ne faut jamais cesser de se former ! 

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

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