Les leaders d’opinion n’aiment pas reconnaître qu’un essai a foiré

De la mauvaise foi chez les leaders d'opinion ? Si peu...
De la mauvaise foi chez les leaders d'opinion ? Si peu...

Quand un essai clinique n’a pas marché, les investigateurs ont des arguments pour montrer qu’il y avait un problème de méthode… Le British Medical Journal a publié un numéro de Noël avec des articles sur des sujets inhabituels dans les revues de recherche. L’un d’entre eux, un travail sérieux, a été fait à partir de 3 congrès de cardiologie sur cinq ans (European Society of Cardiology, American Heart Association, American College of Cardiology). Sur 321 essais communiqués (15 congrès), 127 étaient négatifs (le critère de jugement principal n’était pas atteint), et 108 ont été commentés ; 438 commentaires de leaders d'opinion (articles de Medscape et de MedPage Today) ont été analysés.
Citons un paragraphe de l’article : « Lorsqu'on demande aux principaux leaders d'opinion de commenter les résultats décevants d'un essai clinique dans des reportages ou lors de conférences, nous avons observé qu'ils semblent curieusement incapables de reconnaître que le traitement ne fonctionne pas. Ils préfèrent soutenir que la conception de l'essai était erronée, en s'appuyant sur un ensemble de critiques stéréotypées. » Les auteurs ont listé 40 excuses classées en 17 thèmes. Voici les plus fréquentes : échantillon trop petit (31 % des commentaires), autres études nécessaires (21 %), suivi trop court (17 %), population non représentative (17 %), mauvaise dose (16 %), et beaucoup d’autres arguments à découvrir… Alors problèmes de méthodologie de la recherche ou plutôt de rigidité des leaders en cardiologie, plus prêcheurs que chercheurs ? Et quid des autres spécialités médicales ?

Hervé Maisonneuve est médecin, professeur associé en santé publique, avec une activité de formation en rédaction scientifique, et blogueur : www.redactionmedicale.fr
Sources : Hartley A., et al. Key opinion leaders’ guide to spinning a disappointing clinical trial result. BMJ 2018;363:k5207

Portrait de Hervé Maisonneuve
article du WUD 43

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