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Au total, environ 460 établissements sont concernés, pour des pertes cumulées proches de 900 millions d’euros, tandis que le résultat net du secteur est désormais négatif, à -240 millions d’euros, après avoir été largement excédentaire quelques années plus tôt.
Cette dégradation rapide s’explique d’abord par la structure même du modèle économique. Les établissements privés dépendent très majoritairement de financements publics, avec plus de 90 % de leurs recettes issues de l’Assurance maladie, et des tarifs fixés au niveau national sans marge de manœuvre locale.
« Les tarifs hospitaliers ne couvrent pas les coûts », résume la FHP, pointant une incapacité à absorber la hausse des charges, notamment dans un contexte inflationniste. Entre 2021 et 2024, environ un milliard d’euros de coûts supplémentaires n’auraient pas été compensés par les financements publics, ce qui a mécaniquement entraîné une chute une généralisation des déficits.
Un modèle sous tension
Au-delà des résultats financiers, c’est la capacité même du secteur à investir et à fonctionner qui est aujourd’hui fragilisée. La capacité d’autofinancement des établissements privés a chuté de 65 % en quatre ans, au point de ne plus couvrir qu’une part minoritaire des investissements nécessaires.
« Les établissements n'ont pu maintenir leur niveau d'investissement que par un recours croissant à l'endettement (…). Cette trajectoire n'est pas tenable. », souligne l’étude. Dans le même temps, les perspectives pour 2026 restent défavorables, avec un gel des tarifs et des financements qui ne couvriraient pas l’intégralité de la hausse des coûts, laissant entrevoir de nouvelles pertes et une poursuite de la dégradation financière.
Cette situation s’accompagne d’un déséquilibre que le secteur met particulièrement en avant : les établissements privés assurent plus de 35 % de l’activité hospitalière nationale mais ne perçoivent qu’environ 17 % des financements de l’Ondam hospitalier. Dans ce contexte, les écarts de rémunération avec le public se creusent, avec des salaires en moyenne inférieurs d’environ 20 %, compliquant les recrutements et accentuant les tensions sur les équipes.
« Les difficultés économiques menacent l’accès aux soins », alerte la fédération, qui évoque un risque de fermeture d’établissements ou de dégradation de la qualité des prises en charge en l’absence de mesures correctrices. Dans ses conclusions, elle parle d’une « crise systémique » et appelle à une réforme plus globale du financement du système hospitalier, estimant que « si vous remettez de l’argent dans le système actuel, cela ne servira à rien. »