Les comptes des hôpitaux sont à l’équilibre pour 2020, comment c’est possible ?

Les hôpitaux publics ont renoué en 2020 avec l'équilibre budgétaire, pour la première fois depuis 2012, grâce à la garantie de financement mise en place dès le début de la crise sanitaire du Covid-19, a indiqué aujourd’hui le ministère de la Santé.

Effet secondaire inattendu de l'épidémie, la santé financière des hôpitaux s'est améliorée : leur déficit cumulé est passé de 568 millions d'euros en 2019 à seulement 2 millions en 2020, sur un budget total de 88,5 milliards, indique la direction des statistiques (Drees) dans son panorama annuel des établissements de santé.

Un "quasi-équilibre" paradoxal, car le secteur était alors pris en étau entre, d'une part, une "baisse sans précédent" de l'activité à cause des "déprogrammations" massives et, d'autre part, un bond des dépenses lié aux surcoût du Covid, ainsi qu'aux augmentations de salaires du Ségur de la santé.

Mais ces contraintes ont été balayées par la garantie de financement mise en place en mars 2020, qui s'est traduite par une "forte progression" des crédits versés par l'Assurance maladie. C'est donc la "Sécu" qui a effacé l'ardoise des hôpitaux, au prix toutefois d'un déficit record cette même année (-38,7 milliards).

Le contraste demeure saisissant avec les cliniques privées

Les établissements publics ne sont pas pour autant tirés d'affaire. D'abord parce que 40% étaient encore déficitaires en 2020, à commencer par les Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui ont clos l'exercice sur une perte de 246 millions.

Ensuite parce que le secteur reste plombé par une dette de 30 milliards d'euros, avec toujours plus de trois hôpitaux sur dix (31%) en situation de surendettement. Et, enfin, car leurs investissements ont encore diminué, notamment dans l'immobilier, augmentant le "taux de vétusté" des bâtiments et des équipements.

Le contraste demeure saisissant avec les cliniques privées, dont les bénéfices cumulés sont estimés à 533 millions d'euros en 2020, pour 17,6 milliards de recettes, soit une marge nette de 3%, à la hauteur des "niveaux historiquement élevés observés de 2014 à 2016".

Même si un quart des établissements étaient alors en déficit, la situation du secteur lucratif s'est nettement améliorée, avec des investissements en hausse et un taux d'endettement au plus bas depuis quinze ans.

Avec AFP

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