© iStock
« Vu le manque de preuves, il est difficilement justifiable à l'heure actuelle d'employer couramment des cannabinoïdes pour traiter des troubles mentaux ou liés à l'usage de substances (addictives) », conclut ce travail paru dans le Lancet Psychiatry.
Le cannabis médical est actuellement autorisé dans plusieurs dizaines de pays, comme l'Australie, le Canada ou plusieurs Etats de l'Union européenne, essentiellement dans deux grandes indications: face à la douleur et à certaines troubles psychologiques.
L'analyse du Lancet Psychiatry, qui vise à compiler l'ensemble des recherches disponibles sur le sujet, se concentre sur le second volet. Ses auteurs, emmenés par le chercheur australien Jack Wilson, dressent un tableau pour l'heure peu concluant.
Certaines données laissent penser que les produits dits cannabinoïdes « peuvent améliorer » des symptômes allant des tics à l'insomnie en passant par une addiction au cannabis lui-même, constatent-ils.
Mais ces données sont « en général de faible qualité », préviennent-ils, notant toutefois que le cannabis médical ne semble pas associé à des effets secondaires graves dans ces indications.
Intérêt toujours débattu parmi les médecins
Selon l'étude, cela ne signifie pas qu'il faut conclure à une absence d'intérêt du cannabis médical dans les troubles mentaux, mais qu'« il y a un besoin pressant de recherches d'excellente qualité » pour réellement pouvoir le recommander.
A titre de comparaison, dans les indications liées à la douleur, une étude du même type, publiée en 2021 dans le BMJ, avait conclu à des effets positifs, mais seulement « légers à très légers ».
L'étude du Lancet Psychiatry s'inscrit dans un contexte où de nouveaux pays envisage de légaliser le cannabis médical mais où son intérêt continue de faire débat au sein du corps médical.
En France, le gouvernement envisage depuis plusieurs années d'autoriser des traitements à base de cannabis, principalement dans la douleur mais aussi dans certains troubles psychologiques chez des personnes atteintes de cancer, comme l'insomnie.
Une expérimentation a été menée au début des années 2020 mais, à la suite de plusieurs contretemps, ces traitements ne sont pas disponibles sur le marché à l'heure actuelle, une évaluation étant en cours par la Haute autorité de santé (HAS). Ses résultats sont attendus à l'automne.
Avec AFP
A voir aussi
Épilepsie : tension sur Alepsal de Teofarma, des alternatives sans caféine existent
La Commission européenne autorise Rezurock (Sanofi) contre la maladie chronique du greffon contre l’hôte
Il délivrait presque autant de fentanyl que de paracétamol : un généraliste girondin devant le tribunal
Après une acquisition en oncologie, Novartis s'offre des anti-allergiques nouvelle génération
À cause des prix, la France redoute de passer à côté de certains nouveaux médicaments
Le Dupixent de Sanofi élargit encore son champ d’action au Japon avec la pemphigoïde bulleuse
Bilan du vaccin contre le chikungunya : 62 cas d'effets indésirables dont 21 graves
Ozempic/Wegovy bientôt en générique dans une large partie du monde : une révolution d’accès…