Le chatbot, un ami qui vous veut du bien

L'assistant discret et efficace

Ca vous dit un assistant discret et efficace, répondant à vos patients de jour comme de nuit ? On vous en a déjà un peu parlé ici ou . Les chatbots, logiciels intelligents ou agents conversationnels, s’apprêtent à vous relayer pour papoter avec vos patients.

-Bonjour Josiane, démarrons votre 9ème jour de convalescence ensemble, comment avez-vous dormi ?
-Pas très bien, répond Josiane, opérée de la hanche une semaine plus tôt et rentrée à son domicile. Est-il normal que je ressente toujours beaucoup de douleur ?
-Avez-vous bien pris vos antalgiques ?
-Oui.
-Avez-vous fait un glaçage ? », suggère Alfonse -appelons-le ainsi- l’assistant virtuel du chirurgien qui a opéré Josiane. Et d’insérer un tutoriel pour rappeler à la patiente les bienfaits du glaçage ou de l’inviter à un petit exercice antalgique. 8 jours qu’Alfonse apprend à connaître la patiente, en collectant des informations. « Apparemment, vous dormez de mieux en mieux », nuance l’I.A, illustrant son propos par un graphique retraçant le sommeil de Josiane au cours des 7 dernières nuits, selon ses propres informations, ou la rassurant via des données subjectives (appréciation de la douleur, du moral…). Un peu comme un médecin ?  

Le système est développé via messenger par la société MojoBots (Le Mojo désigne le gars tellement à l’aise qu’il en devient leader). L’idée simple est de répondre aux questions fréquentes, de délivrer des conseils et encouragements pour gérer la douleur et améliorer la prise en charge : « A la sortie d’une telle opération, remarque Sonia Litwin de MojoBots, vous avez théoriquement trois semaines de convalescence avec une infirmière qui passe chez vous pour vérifier la cicatrice et faire une piqûre. Mais vous manquez de conseils ou d’éléments pour apprécier votre état. Et les médecins, eux, n’ont pas toujours le temps de répondre (longuement) aux appels ou aux sms de leurs patients ». Alfred et consorts pourraient donc relayer le médecin -entre deux consultations- et éviter l’errance un peu désespérée des patients sur la Toile, entre manuels en ligne et réponses inquiétantes trouvées sur les forums.

De l’artificiel, avec des morceaux d’humain dedans

Le service proposé par MojoBots est en phase d’expérimentation dans différentes spécialités : santé mentale, rééducation ambulatoire post opératoire, gynécologie, santé des femmes, santé des bébés et des prématurés … « Nous réunissons sur chaque sujet des médecins et patients qui élaborent et designent eux-mêmes des contenus pertinents. Aucune notion de codage n’est nécessaire pour écrire chatbot », explique Pascal Malengrez, cofondateur de la start up incubée à l’ICM (Institut du cerveau et de la Moelle épinière) et aujourd’hui à la Station F.

« Nous allons trouver des business modèles complexes avec des assurances/mutuelles, des établissements de santé qui investissent énormément dans l’ambulatoire... » Pragmatique, MojoBots s’est fixée une règle : délivrer un conseil, un service, tous les cinq échanges. Réaliste, elle n’ambitionne cependant pas de développer des I.A qui se substitueraient « totalement » à l’humain. Elle envisage de mettre en place la possibilité qu’un humain, un vrai, reprenne la main en cas de détresse : « Je suis Docteur untel de la cellule de soutien, ça n’a pas l’air d’aller… ». Et fasse un truc dingue : décroche son téléphone, voire se déplace à domicile. 

Source: 

Isabelle Guardiola

Portrait de La rédaction

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