La R3C : si vous avez manqué le début

On rembobine

Elle se sera fait attendre… La réforme du troisième cycle des études médicales – R3C pour les intimes - aura demandé dix ans de réflexion et d’âpres débats. Son objectif ? Faciliter la prise de fonction d'interne, renforcer l’encadrement et proposer une formation plus précoce, plus complète, sans allonger la durée des études. L’arrêté qui sous-tend son architecture a été publié l’an dernier, en avril. Il a été appliqué dès la rentrée 2017, mais plusieurs universités ont opté pour une mise en place progressive. Et dans le détail, beaucoup d’internes ignorent encore tout de cette réforme… Une explication de texte s’impose !

Un parcours progressif…

Grande nouveauté de cet internat fraîchement modifié : le découpage du cycle en trois phases, avec pour but d’instaurer une forme de progression dans l’acquisition des compétences et des connaissances. Chaque phase est définie par des objectifs et un contrat pédagogique à respecter. Le parcours est suivi par le coordonnateur et par la commission locale de coordination de spécialité. Par ailleurs, l’interne dispose d’un portfolio qui rassemble les différentes actions et compétences acquises pour les activités cliniques.

La première phase du cycle, la « phase socle », vise à acquérir les connaissances de base spécifiques à la spécialité choisie. Elle dure une année (deux pour la biologie), au cours de laquelle l’interne se forge un premier niveau de compétence. Les stages ont lieu dans des terrains agréés avec un niveau élevé d’encadrement. A l'issue de la validation de cette phase, un contrat définit les objectifs pédagogiques et le parcours de formation, avec le choix d’option ou de FST (voir ci-dessous). L’interne participe également à des enseignements transversaux communs avec d’autres spécialités par le biais d’une plateforme d’e-learning.

… et professionnalisant

La deuxième phase, d’une durée de deux à trois ans selon la spécialité, vise à explorer l‘ensemble du champ disciplinaire de la spécialité choisie et à approfondir les compétences acquises en phase socle - d’où son nom, la « phase d’approfondissement ». Dès cette phase, les stages hors subdivision (inter-CHU) ou à l’étranger sont possibles. Changement notoire : la thèse et la validation du DES interviennent désormais à des moments différents. La thèse doit être soutenue à l’issue de cette deuxième phase, alors que le DES est délivré lorsque les trois phases sont validées.

La dernière phase est celle de la « consolidation ». Elle est aussi celle de l’insertion professionnelle et s’effectue sous le statut d’assistant (mais pas d’assistant hospitalier). La responsabilité du « docteur junior » (c’est le nom retenu pour ce nouveau statut qui verra le jour en 2020) s’apparente plus à celle d’un interne qu’à celle d’un assistant spécialisé. Cette phase dure un an pour les spécialités médicales, deux pour les spécialités chirurgicales ; pour les généralistes, elles n’existe pas encore. Les stages s’effectuent selon le projet professionnel de l’interne dans des terrains qui ont l’agrément spécifique de phase 3.

De nouveaux DES

Depuis la rentrée 2017, les futurs internes peuvent choisir leur voie parmi 44 spécialités (13 chirurgicales, 30 médicales et la biologie). La chirurgie générale, base auparavant obligatoire pour suivre une spécialité chirurgicale, disparaît au profit d’un DES pour chaque spécialité chirurgicale. Ainsi, l’obtention du DES suffit à l’exercice de sa spécialité et les diplômes d’études spécialisées complémentaires (DESC) sont supprimés. Ils ont été remplacés par des formations spécialisées transversales (FST), ou par d’autres DES.

Il est ainsi toujours possible de se surspécialiser par le biais des options et des FST. Ces dernières, au nombre de 23, offrent l’équivalent d’un double diplôme et sont ouvertes à tous les internes. Mais l’accès à une FST repose sur la cohérence d’un parcours et d’un projet. Ainsi, pour suivre cet enseignement, les candidats devront transmettre une lettre de motivation à la commission locale de la spécialité. La réforme prévoit aussi un droit au remords : un interne peut changer de spécialité avant la fin de son quatrième semestre (mais une seule fois !). Il doit alors opter pour une spécialité à laquelle il était éligible avec son classement aux ECN.

Source: 

What's up Doc en partenariat avec l'APPA

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