La politique du tout Covid pèse lourd sur le reste des activités hospitalières

Déprogrammations successives, focus sur les patients contaminés au Covid-19… En tout, deux millions d’opérations et examens non-covid ont été déprogrammés dans les hôpitaux français lors du premier confinement. Et mauvaise nouvelle : aucun rattrapage en vue ! 

Deux millions. C’est le nombre de séjours hospitaliers qui ont été annulés pour les patients non-atteints de Covid-19 durant la première vague. Un bilan lourd, tiré par la Fédération Hospitalière Française - auteure d’une estimation sobrement baptisée « impact de l’épidémie de Covid-19 sur l’activité hospitalière hors covid en France ».
 
Leur objectif ? « Mesurer les résultats de la stratégie tout covid lors de la première vague et ses conséquences sur les patients porteurs de pathologies autres », a indiqué le président de la FHF, Frédéric Valletoux, lors d’un point presse organisé ce 24 novembre.
 
Médecins, associations de patients, chercheurs ou autorités de santé avaient tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. Pour autant, aucun travail d’estimation globale n’avait été effectué jusqu’alors sur l’ensemble du territoire.
 
Le constat est, pourtant, sans appel. À l’aide de l’ensemble des données sanitaires des programmes de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) recensées entre début mars et fin août 2020, la FHF est en mesure d’estimer une chute de 35 % de l’activité normale lors du premier confinement par rapport à la même période l'an passé. « Soit un gros tiers de l’activité attendue », a précisé Cécile Chevance, responsable du Pôle Data de la FHF.
 
Parmi les activités les plus touchées, on peut notamment citer les hospitalisations dans les services de médecine sans passage au bloc opératoire qui ont chuté de 39 % par rapport à 2019. Une tendance qu’on retrouve également dans le recensement des actes chirurgicaux, tout particulièrement affectés par la politique menée.
 
Ainsi, la chirurgie avec hospitalisation a baissé de 58 % par rapport à l’année dernière. Les actes de chirurgie ambulatoires, quant à eux, ont baissé de 80 %. Un constat qui s’explique notamment par la transformation des blocs opératoires et les salles de réveil en services de réanimation.
 
Une situation qui n’est, heureusement, pas homogène sur tout le territoire national. Si l’activité chirurgicale du Grand-Est a chuté de 64 %, celle de la Bretagne s’est maintenue à 50 %. « L’impact de la vague a eu des effets inhérents entre les régions », a précisé la responsable du pôle data.
 
Si la politique « tout covid », comme la nomme le président de la FHF, a particulièrement influencé ces résultats, Frédéric Valletoux tient cependant à rappeler qu’une baisse des fréquentations de l’Hôpital a également été provoquée par la crainte de certains patients d’une contamination au Covid-19 ou simplement de gêner les équipes médicales.
 
Un ensemble de facteurs qui n’a pas permis de relancer l’activité au sortir du confinement du printemps. Et pour cause : si cette dernière s’est peu à peu relancée, aucun rattrapage massif n’a été observé malgré ces chiffres inquiétants. « Seulement un léger frémissement en ambulatoire pendant l’été », a précisé Cécile Chevance.
 
Un travail complémentaire devrait désormais être mené par la Fédération Hospitalière de France afin d’évaluer l’impact de la politique menée lors de ce second confinement. « La stratégie a été plus graduée au niveau des déprogrammations », a indiqué Cécile Chauvasse.
 

Portrait de Julia Neuville

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