La nanomédecine : une grande évolution

Avec des centaines de brevets et des dizaines de protocoles de recherche clinique, faisons le point sur la nanomédecine, ce futur incontournable, avec Patrick Boisseau, président de l’ETPN*, responsable du programme Nanomédecine au CEA**.

WUD  Qu’est-ce que la nanomédecine ?

PB Pour comprendre ce qu’est la nanomédecine, il faut partir des nanotechnologies. Vous savez, ces techniques physiques qui permettent de manipuler la matière à l’échelle du nanomètre (nm). Que ce soit en partant de grosses particules que l’on broie (technique du « Top Down »), ou en assemblant des molécules (technique du « Bottom Up ») on parvient à obtenir des nanoparticules dont la taille varie de 0 à 100 nm, voire quelques centaines de nm.

La nanomédecine, c’est le fruit de ces techniques appliquées à la santé.

 

WUD Quelle différence y a-t-il entre une nanoparticule et un médicament « classique » ?

PB Le concept de nanoparticule répond principalement à une question de taille. Si la nanoparticule détient des propriétés thérapeutiques intrinsèques, ou si elle est utilisée comme vecteur d’un principe actif déjà connu, alors c’est un nanomédicament (ou un nanodispositif médical, selon la réglementation). Ce qui peut sembler contre-intuitif, c’est que les nanomédicaments sont souvent des molécules plus complexes et volumineuses que les petites molécules chimiques issues de la pharmacie classique.

En matière de pharmacologie, le progrès c’est aussi de complexifier les molécules, pour les rendre plus efficaces !

Par ailleurs, il est aussi important de comprendre que toutes les nanoparticules ne sont pas des nanomédicaments. Certaines, comme les nano-électrodes ou les nanopompes par exemple, ont sur le vivant un effet qui tient plus à la physique qu’à la biochimie. Leur fonctionnement se rapproche plus de celui des dispositifs médicaux que des médicaments.

 

WUD La nanomédecine, c’est une révolution ?

PB Il faut avoir à l’esprit qu’auparavant, les technologies permettaient de créer des structures à l’échelle de la cellule.

Désormais, on arrive à descendre à l’échelle de la biomolécule.

Demain, qui sait, l’échelle sera-t-elle celle de l’atome ?

La nanomédecine, c’est une avancée considérable et incontestablement prometteuse, mais qui s’inscrit dans un continuum : il n’y a pas de clivage dans la conquête de l’infiniment petit. Savez-vous que des nanomédicaments sont depuis un certain temps, déjà, sur le marché ? Je dirais donc qu’il s’agit d’une grande évolution technologique au service d’une révolution pour les patients.

 

* Plateforme technologique européenne de nanomédecine

** Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives

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