Intérimaires VS Buzyn : on se toise

La ministre ouvre les hostilités estivales

Agnès Buzyn a rappelé le 10 juillet sur RMC qu’elle ne céderait pas face aux médecins intérimaires sur le plafonnement de leur rémunération. Let’s get ready to rumble !

Tels des boxeurs avant de monter sur le ring, médecins intérimaires et ministre de la Santé continuent de s’échanger des petits mots doux face à la presse. Dernière sortie médiatique : celle d’Agnès Buzyn, invitée ce mardi de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Elle a fermement rappelé que le décret limitant la rémunération journalière des médecins intérimaires ne serait pas retiré.

« Il y a un bras de fer », reconnaît la ministre. « Le conseil de l’Ordre des médecins a pris position et me soutient totalement. Je ne lèverai pas ce décret », a-t-elle ajouté, confiante.

Combien ??

Elle ne s’est pas arrêtée là. Pour chauffer un peu plus les intérimaires, elle a rajouté une petite couche de jugement moral : « 1 400 euros la journée, on parle bien du salaire mensuel de beaucoup de Français », a-t-elle ainsi rappelé. « Ce sont des médecins qui, je trouve, se présentent comme des mercenaires. On ne peut pas avoir des médecins à temps plein qui travaillent pour 2 ou 3 000 euros par mois et d’autres qui se font payer 2 à 3 000 euros la journée en profitant des failles du système ».

Petit uppercut également pour les sociétés d’intérim qui « profitent de la pénurie de médecins pour faire monter les prix », avant de repousser les intérimaires dans les cordes. « Un grand nombre d’hôpitaux sont en déficit parce qu’ils vivent avec des médecins intérimaires qui se font payer entre 2 000 et 3 000 euros la journée », a-t-elle notamment ajouté. « Ce sont des médecins qui renoncent à des postes pérennes, des postes temps plein, parce qu’ils préfèrent travailler une semaine par mois en étant payés 2 000 à 3 000 euros la journée ». Et puis, un petit tweet en plus, histoire d’être bien sûre que le message est passé.

Après cette interview, petite interro : combien les médecins intérimaires sont-ils payés ? *

Ayez pitié de nous, pauvres pêcheurs

Sur LCI, Catherine Dautheribes, porte-parole du Syndicat National Des Médecins Remplacants des hopitaux (SNMRH), le collectif qui s’est monté en réaction au décret plafonnant leur rémunération, a réagi en dénonçant la « diabolisation outrancière » dont les médecins intérimaires sont victimes. « Même en parlant de salaire brut, il est impossible que l'on touche 3 000 euros la journée. Nos tarifs, fixés par les boîtes d'intérim, n'ont pas bougé depuis 15 ans », a-t-elle ajouté. « On touche 1 300 euros nets, soit 1 571 euros bruts, pour une garde de 24 heures, et 650 euros nets, soit 785 euros bruts, pour une journée de travail de 10 heures ».

Le 5 juin dernier, le SNMRH avait annoncé un durcissement du mouvement et avait appelé tous ses adhérents et sympathisants à « refuser de remplacer dans tous les hôpitaux qui appliquent le décret, à compter du 15 juin ».

Avec l’arrivée de l’été et de la période dorée pour les remplaçants, c’est sur le terrain que les combattants se départageront. Les hôpitaux risquent de ne pas trop avoir le choix…

* Réponse : 2 000 à 3 000 euros la journée !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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