Hôpital : je t’aime ou je te quitte

Que faire quand un praticien non titularisé veut rester dans son service ? Ou quand un PH veut quitter son poste ? Tour d’horizon des règles du jeu du recrutement hospitalier.

Travailler dans un service, découvrir les équipes, l’activité, les patients… et constater que l’on s’y plait beaucoup. La situation survient fréquemment et dans ces cas-là, heureux sont les titulaires qui ont de belles perspectives devant eux, dans un environnement de travail qui leur convient. Mais pour les médecins dont la présence est limitée dans le temps - assistant, contractuel, attaché… - cela peut être source de frustration, lorsque le contrat touche à sa fin.

Il existe toutefois des solutions pour tenter de rester dans le service. Bien sûr, il faut que ce dernier soit pourvoyeur de postes. Si le praticien intervient dans le cadre d’une mission ponctuelle avec un objectif précis et si le service ne propose aucun poste vacant, intégrer les équipes peut s’avérer compliqué. « Mais de très nombreux services ont des postes vacants », rappelle Jacques Trévidic, président d'Action praticiens hôpital (APH).

Mettre les chances de son côté

Ainsi, lorsque le praticien non titulaire se sent bien dans un service qui a des postes vacants, « c’est peut-être le bon moment pour passer le concours de PH ». D’autant plus qu’a priori, si un praticien se plaît tant dans ce service, c’est probablement qu’il a aussi plu aux équipes et su créer de bonnes relations. Le praticien peut donc s’ouvrir à son chef de service, son chef de pôle, ainsi qu’au président de la CME, pour évoquer son expérience positive et son souhait de poursuivre sa carrière dans cet environnement.

Ces trois interlocuteurs sont essentiels puisque ce sont eux qui donneront un avis favorable au praticien souhaitant travailler dans l’établissement. Une fois passé le concours de PH, si le service en question apparaît sur les listes de vacances de poste, le médecin-candidat qui aura entrepris ces démarches préalables aura plus de chances d’être retenu par rapport à un inconnu.

Changer de poste, c’est possible !

Comme tous les travailleurs de la fonction publique, les PH ont un emploi à vie… ce qui ne signifie pas qu’ils sont mariés à leur service jusqu’à la fin de leurs jours ! Lorsqu’un praticien hospitalier ne se plaît pas dans son service, il existe toujours des portes de sortie. « Il peut tout simplement demander sa mutation », explique Jacques Trévidic.

Sont éligibles à la mutation externe les PH à temps plein ou partiel, à condition qu’ils aient été nommés à titre permanent, après trois ans de fonction effective dans le même établissement. En deçà de ce délai, des dérogations sont possibles, délivrées au cas par cas - mais alors, il faut bien motiver sa demande et vérifier que cela ne trouble pas l’activité de l’hôpital. Ce n’est pas le directeur de l’établissement qui accorde la mutation, mais la direction du CNG. Le dossier de candidature est à adresser par courrier recommandé avec accusé de réception au département de gestion des praticiens hospitaliers du CNG. Il n’existe pas de préavis de départ, mais un délai de « courtoisie » de deux mois avant la date d'effet du départ est souhaitable.

Changer de voie, pourquoi pas ?

Autre dispositif : la demande de disponibilité. Celle-ci s’adresse aux PH qui souhaitent changer d’orientation - éventuellement partir dans le privé - ou élever des enfants, faire une formation, s’occuper d’un proche malade… « L’avantage, c’est que vous n’êtes plus à l’hôpital mais vous n’êtes pas non plus rayé des cadres », souligne Jacques Trévidic. La liste des motifs ouvrant droit à une mise en disponibilité est fixée par décret. La demande doit être présentée par le praticien au moins deux mois à l’avance ; elle est évaluée par le directeur des affaires médicales.

Si cette demande est liée à un changement d’orientation professionnelle, elle relève de la « convenance personnelle ». Dans ce cas, elle ne peut être obtenue qu’après deux années d’exercice à plein temps, pour une durée d’un an (renouvelable une fois). Cela laisse donc le temps de se retourner ! Pendant cette période, le PH ne perçoit plus de rémunération mais en cas d’échec de son projet, il peut récupérer son poste. Attention, toutefois, le poste libéré par un PH placé en disponibilité est déclaré vacant au bout d’un an. Au-delà, le praticien ne pourra le récupérer que si ce poste est toujours vacant.

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