Henri Duboc, l’homme-orchestre qui jongle avec les métiers

Médecin et écrivain, deux métiers pas si incompatibles : épisode 1

Mon premier est médecin, mon second chercheur, mon troisième écrivain, et mon tout est un ancien rédacteur du journal…

 

La trentaine, gastro-entérologue, un poste de MCU-PH pour bientôt, et un deuxième livre d’anticipation qui fait parler de lui : Henri Duboc défie les lois de la physique (et du rythme biologique). Un vrai workaholic, sans aucun doute. Il a travaillé comme rédacteur pour What’s Up Doc pendant un an, mais a dû arrêter (à son grand regret !). On imagine aisément pourquoi…

Car médecin, c’est déjà un métier très prenant. Médecin-chercheur, encore plus. Alors quand s’y rajoute une activité d’écrivain… c’est un peu surréaliste. Pourtant Henri arrive à jongler avec ces trois casquettes. Et avec celle de père, par-dessus le marché. Mais à quoi tourne-t-il ? A la passion, manifestement. Car quand il parle de “Dieu 2.0, la papesse online”, qui vient de sortir, et des tomes 2 et 3 qu’il est en train de finaliser, on dirait un gosse qui a reçu le cadeau dont il rêvait à Noël.

Un écrivain fâché avec l’orthographe

Il n’était pourtant pas prédestiné à devenir écrivain, selon lui. Très mauvais en orthographe (« mes notes faisaient tellement baisser la moyenne de la classe que la prof les en retirait ! »), il n’atteignait ainsi jamais les 10/20 en dissertation. Ce défaut empêche d’ailleurs sa femme de relire ses brouillons, confesse-t-il en riant : « trop de fautes, ça lui gâche sa lecture au point qu’elle n’arrive plus à suivre le fil narratif ! »

Selon Henri, la médecine formate l’esprit, et influence l’écriture. Le côté pragmatique, la manière dont notre réflexion se déroule, et surtout notre expérience des émotions et des rapports humains peuvent nourrir les écrits, et être transposés dans n’importe quelle situation fictive. A ceux qui voudraient l’imiter, il livre d’ailleurs ses CAT pour écrire un bouquin dans une petite vidéo (voir ci-dessous).

Les écrivains qui l’ont marqué, ce sont d’abord les « maîtres de l’imaginaire » comme il les appelle : Asimov, Gaiman, Poe… « Ce que j’aime dans la SF », confie-t-il, « c’est qu’elle me permet de mettre en scène des problématiques actuelles, mais dans un autre décor, de dépayser le débat, et de faire perdre ses repères habituels au patient, euh au lecteur (sic!) pour l’amener à penser autrement. »

Ecrire en mode « chaussettes de ski »

Trouver le temps d’écrire n’est pas si impossible selon Henri. Il construit ses intrigues et les couche sur le papier aussi bien pendant une garde calme en réa que dans le métro, et même dans un garage. « Le passage sur la science devenue une religion dans "Dieu 2.0", je l’ai écrit dans la salle d’attente de Toyota of Hollywood, en attendant qu’on répare ma voiture ! », se souvient-il.

Pour terminer son premier roman, il a quand même dû s’enfermer pendant deux week-ends entiers, le téléphone éteint, en mode peignoir, café, et chaussettes de ski. « Quand j’ai vu le ventre de ma femme s’arrondir, je me suis dit que si je ne terminais pas maintenant, après ce serait encore plus difficile ! » Les copains ont été d’une aide précieuse : « j’ai commencé à faire relire certains chapitres à des amis, et ma plus puissante motivation a été leurs messages qui réclamaient la suite. »

Et effectivement, ce premier volet qui met en scène des religions numérisées, une intelligence artificielle qui essaye ressentir des émotions et des scientifiques inquiétants, a un fort potentiel addictif. Vivement la suite !

Source: 

Sarah Balfagon

Portrait de La rédaction

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