Faire interpréter son génome pour une poignée de dollars

C’est de nouveau possible avec 23andMe

23andMe, start-up californienne dont Google est actionnaire, a l’habitude de faire les gros titres de la presse spécialisée. Il faut dire que ses activités n’ont rien d’anodin. Pour quelques poignées de dollars, l’entreprise propose d’analyser l’ADN de ses clients et de calculer les chances qu’ils ont de développer telle ou telle maladie. Et pour cela, elle n’a besoin que d’un échantillon de salive, envoyé par la poste.

Ces derniers temps, les journaux s’étendaient plutôt sur la mauvaise passe que traversait l’entreprise. Depuis 2 ans en effet, celle-ci n’avait plus le droit d’exercer son cœur de métier. Doutes sur la fiabilité des résultats, risques que ceux-ci soient pris pour des diagnostics par les clients… Autant de raisons qui avaient poussé la toute-puissante Food and Drug Administration (FDA) à interdire à 23andMe de vendre ses tests aux Etats-Unis.

La firme avait donc été obligée de se rabattre sur l’analyse généalogique de l’ADN de ses clients, ainsi que sur des marchés bien moins porteurs que les Etats-Unis : le Canada et le Royaume-Uni. Mais sa traversée du désert vient de prendre fin. Elle a en effet trouvé un accord avec la FDA : en se bornant à interpréter les chances que ses clients ont de transmettre certaines mutations génétiques à leur descendance, elle pourra désormais reprendre ses analyses ADN. La différence avec les anciennes activités de 23andMe est subtile, mais elle a suffi au régulateur américain.

Contrats avec les labos

Les aventures de 23AndMe avec ses tests ADN grand public ne sont toutefois qu’une face de la médaille. Le modèle économique de la firme repose en effet beaucoup moins sur les ressources qu’elle peut obtenir de ses clients (99$ le test avant l’interdiction par la FDA, 199$ maintenant) que sur celles qu’elle peut lever en ouvrant ses bases de données à des laboratoires.

Elle a déjà signé des contrats avec des firmes comme Pfizer ou Genentech. Les montants se chiffrent en dizaines de millions de dollars. En mai dernier, 23andMe a même décidé d’exploiter ses bases de données pour son propre compte, et s’est lancé dans la recherche pharmaceutique

Une petite précision s’impose à l’intention du médecin français qui s’inquiéterait pours ses patients : les activités de 23andMe sont tout à fait illégales dans notre pays. Techniquement, toutefois, rien n’empêche un habitant de Romorantin d’envoyer sa salive à San Francisco, de recevoir les résultats chez lui… et de demander à son généraliste de les interpréter.

Peut-être faut-il donc, malgré la réglementation, se préparer à voir 23andMe débarquer dans les cabinets.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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