Épidémie d’antivax aux États-Unis : la Cleveland Clinic contaminée

Dans un texte publié au début du mois sur le site de la prestigieuse Cleveland Clinic, le Dr Daniel Neides, directeur du Wellness Institute de l'établissement, mélangeait allègrement les arguments antivax sur le mercure, les conservateurs et l'autisme. Scandale assuré.
 

On pensait avoir atteint le sommet en apprenant l’arrivée des antivax dans l’administration Trump. Eh bien, sachez-le : « quand y en a plus, y en a encore » ! Le dernier épisode nous vient de la prestigieuse Cleveland Clinic. L’affaire a fait le tour des États-Unis et a soulevé des réactions disons… plutôt franches du collier.

Tout commence le 6 janvier, quand le Dr Daniel Neides, généraliste et directeur du Wellness Institute de la Cleveland Clinic, publie un billet un peu particulier sur la page de son célèbre établissement. Il commence par y discuter la question de la vaccination contre la grippe, en partant de son exemple personnel. « J’ai pris la décision de recevoir le vaccin sans conservateur, en pensant que je ne voulais pas du thimérosal (le mercure) contenu dans le vaccin “classique“ », assène-t-il en introduction.

Le praticien dit avoir par la suite réalisé que ce vaccin sans conservateur contenait du formaldéhyde. « Quoi ? Comment pouvez-vous appeler ce vaccin “sans conservateur“ alors qu’il en contient un ? », s’insurge-t-il avant de dénoncer le caractère carcinogène de cette molécule. Cerise sur le gâteau : ce vaccin l’aurait mis dans un état épouvantable. « Dans les douze heures après l’injection, j’étais au lit, dans un état misérable, et j’ai manqué deux jours de travail avec une toux terrible et des courbatures dans tout le corps », témoigne-t-il.

Tribune acide

Ces propos ont fait bondir la toile, et plus particulièrement Tara Haelle, l’une des rédactrices de Forbes. Dans une tribune plutôt acide, elle démonte littéralement les arguments de Daniel Niedes. « Le mercure est un élément que l’on trouve comme composant dans différentes molécules », explique-t-elleavant d’ajouter qu’il faudrait en consommer une quantité astronomique avant d’observer des effets néfastes.

Quant au formaldéhyde… « Neides qualifie le formaldéhyde de “conservateur“, mais on ne l’utilise pas comme tel dans un vaccin », explique Tara Haelle. « Il empêche le virus de la grippe de se répliquer dans l’organisme en l’inactivant ». Elle précise par ailleurs que la dose de formaldéhyde présente dans un vaccin ne représente que 0,83 % de la quantité que l’on retrouve dans une poire. Pas de quoi fouetter un chat, donc.

Et soudain : l’autisme

Mais le pire, c’est que dans cette tribune publiée sur le site de l’un des hôpitaux les plus célèbres du monde, Daniel Neides ne s’en tient pas à des considérations sur le mercure et le formaldéhyde. Même s’il se défend de faire un lien entre vaccin et autisme, il instille le doute.

« Les vaccins causent-ils l’autisme ? », demande-t-il. « Je ne le sais pas et ne discuterai pas cette question ici. Ce que je veux crier haut et fort, c’est que des nouveau-nés (…) sont surchargés avec les conservateurs et les adjuvants des vaccins. » Et là, Tara Haelle bondit sur sa chaise. « La science a donné une réponse irréfutable à cette question avec un non retentissant, et des dizaines d’études vont en ce sens », écrit-elle.

La Cleveland Clinic a, quelques jours après la publication du billet litigieux, annoncé que le généraliste rebelle serait envoyé en conseil de discipline… sans toutefois retirer le texte de son site.

Portrait de La rédaction

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