En rang et en groupe

La FHF fait sa rentrée

« Faire de la pertinence des soins la boussole de la réforme » est le cri de guerre de la Fédération Hospitalière de France (FHF), qui présentait mardi 4 au matin, son actualité de rentrée. La FHF souhaite voir le Ministère de la santé, « l’une des dernières citadelles hypercentralisées », sortir de la logique comptable qui désespère les personnels hospitaliers.  Ce qui ne se fera pas sans bousculer certaines pratiques médicales. 

En pleine conférence de presse de rentrée, ce mardi 4, Frédéric Valletoux, président de la FHF, reçoit un SMS du ministère lui proposant un rendez-vous avec Agnès Buzyn, le 12 septembre prochain. L’occasion de lui redire ses attentes sur une réforme globale du système de santé qui se doit d’être « ambitieuse politiquement et pas un énième colmatage technique ». Et également la nécessité absolue de lutter contre les inégalités de santé en donnant la possibilité aux acteurs des territoires d’organiser une offre de soins pertinente « en sortant des silos institutionnels et en responsabilisant les acteurs, patients et professionnels ».

30 % des dépenses de santé seraient en effet abusives selon le ministère, chiffres repris par la FHF dans une étude (1) portant sur la prise en charge de 3 pathologies révélant des écarts majeurs entre régions et confirmant l’ampleur du recours aux actes inutiles : le taux de recours de la chirurgie du canal carpien va de 1 à 4/1000 habitants, l’arthroscopie du genou (diagnostique et thérapeutique) oscille de 1 à 4 et celui de la coronographie (suivie ou non d’angioplastie) varie de 4 à 10, …et ce sans qu’il y ait toujours une explication épidémiologique.

« Certains établissements se concentrent sur quelques actes, certains coups de bistouris sont donnés trop facilement et des examens trop prestement prescrits », pointe Frédéric Valletoux. La FHF dans cette étude montre également la corrélation entre la hausse de l’activité des urgences (2) dans les territoires où le nombre de généralistes est en baisse, soit une évolution de plus de 10% dans près de 65% des départements français.

Tous ensemble, tous ensemble

La FHF a lancé une expérimentation de prise en charge du diabète (et bientôt de la BPCO ou de l’insuffisance cardiaque), dans 5 territoires (3) reposant sur un principe de « responsabilité populationnelle », autrement dit « la responsabilité partagée des professionnels sanitaires et médico-sociaux face à leurs patients et leurs populations ». Un « engagement fort » est donc attendu qui permettra de dégager « une vraie synergie », certaines actions étant déjà effectives (dépistage et prévention auprès des populations défavorisées, groupement de coopération sanitaire, programme de soutien aux soins primaires…).

Le tout financé par le programme Incitation à une prise en charge partagée (IPEP) de l’article 51, les partenaires pouvant conserver les sommes économisées. De même que la FHF demande la création de fonds régionaux d’investissement qui soient financés par le reversement des économies générées par les établissements publics… Un amendement porté au PLFSS 2019.

 

(1) Réalisée pour la FHF par la société Heva en juillet 2018. Actes réalisés par tous opérateurs confondus. 

(2) Au premier semestre 2018, la fréquentation aux urgences, non suivie d’hospitalisation est de + 7%.

(3) Cornouaille, Aube-Sézannais, Douaisis, Deux-Sèvres et Haute Saône, soit 1,5M de personnes.

 

Source: 

Isabelle Guardiola

Portrait de La rédaction

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