En juin 2013, 13,5 à 27,4 % des passages aux urgences étaient inappropriés. Et aujourd’hui ?

Une étude sur le passage aux urgences en 2013 sert de maitre étalon aujourd'hui pour juger de la pertinence du passage aux urgences. Alors même qu'en six ans, le nombre de passages a explosé, tandis que le papy boom des médecins généralistes bouleverse la démographie médicale. 

Une équipe d’urgentistes de la SFMU associés à des enseignants chercheurs du SAU de l’hôpital Saint Antoine, de la faculté de médecine Sorbonne Université et de l’Université de Clermont Auvergne publie dans la revue British Medical Journal Quality & Safety un travail sur les recours inappropriés aux urgences. Cette étude est fondée sur une analyse des données recueillies en 24 h dans 734 services d’urgences adultes et pédiatriques le 11 juin 2013. Ce jour là, 48 711 patients ont consulté et l’analyse en a exclu 14 850 soit parce qu’ils étaient âgés de moins de 15 ans, soit parce qu’ils vivaient dans des territoires d’outre mer. Le recueil des données a mobilisé toute la communauté urgentiste de France et en fin d’article les auteurs remercient sur 5 colonnes les chefs de services ou d’unités qui ont participé.
 
L’analyse des données a pris en compte l’appréciation subjective des médecins urgentistes sur la nécessité de recours aux urgences (avec une échelle de 1 à 10 et une valeur seuil de 4), une évaluation subjective de la possibilité de recours à un médecin traitant le jour même ou le lendemain, enfin, une échelle objective d’utilisation de ressources des urgences a été choisie. Au total, 13,5 à 27,4 % des passages aux urgences étaient considérés comme inappropriés. Ce chiffre est peu étonnant puisque 7% des patients expliquaient eux-mêmes être venus aux urgences, parce que le délai était plus rapide que d’obtenir un rendez-vous avec son médecin et 5 % parce qu’il n’était pas disponible.
 
Pourquoi ces chiffres sont-ils publiés aujourd’hui ? Sans remettre en question la qualité de travail fournie par les auteurs, publier ces chiffres plus de six ans après les avoir obtenus pose question. Et ce d’autant plus que même en fin d’article aucune mise en perspective avec la situation actuelle des urgences n’est faite (car la rédaction de WUD lit des articles originaux et jusqu’à leur conclusion.. si,si…). En six ans, la fréquentation des urgences a augmenté de 3 % par an (soit près de 20 % depuis l’étude) et le nombre de médecins généralistes parti en retraite a explosé (baisse du nombre de généralistes de 4 à 7 % chaque année depuis 6 ans soit 25 à 30 % de médecins en moins). Aujourd’hui, une même étude ne conclurait sans doute pas à des chiffres identiques quant aux recours inappropriés, ils pourraient être plus proches de 40 %....
 
 

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