DGOS : Hugo Gilardi aux commandes, encore un administratif — et alors ?

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Il prendra la tête de la Direction générale de l'offre de soins le 18 mai. Son profil, haut fonctionnaire, passé par les ARS et Matignon, ne surprendra personne. Mais derrière la nomination, une vraie question de fond : qui pilote vraiment le système de santé ?

DGOS : Hugo Gilardi aux commandes, encore un administratif — et alors ?

Hugo Gilardi.

© DR.

Un de plus dans la lignée

Nommé en Conseil des ministres le 29 avril, Hugo Gilardi succède à Marie Daudé à la tête de la DGOS. Comme elle, comme Thomas Fatome avant de partir à la CNAM, comme Anne-Marie Armanteras-de Saxcé avant lui, c'est un haut fonctionnaire, pas un médecin. Il faut remonter à Jean Debeaupuis, néphrologue, pour trouver un clinicien à ce poste. La tendance est claire, elle dure, et elle dit quelque chose sur la façon dont l'État conçoit le pilotage de l'offre de soins.

Un parcours santé solide, mais depuis les couloirs

Le profil de Gilardi n'est pas celui d'un parachuté. IEP de Bordeaux, EHESP (inspecteur de l'action sanitaire et sociale), ENA : la formation est sérieuse. Sa carrière aussi : il passe par les DRASS, l'agence régionale de l'hospitalisation, puis la DGOS elle-même entre 2010 et 2014. Suivront la Ville de Paris, la Direction de la Sécurité sociale, avec un focus sur le financement des soins, puis la direction générale par intérim de l'Agence de la biomédecine. En 2020, il rejoint le cabinet du Premier ministre comme conseiller santé, avant de prendre la tête de l'ARS des Hauts-de-France fin 2022.

Un parcours entièrement dédié à la santé, donc. 

L'ARS : une école du terrain… administratif

Son passage aux Hauts-de-France n'est pas anodin. Diriger une ARS, c'est gérer des tensions hospitalières, des déserts médicaux, des fermetures de maternités, des conflits entre établissements. C'est un poste qui oblige à composer avec les réalités du terrain, même si c'est toujours depuis un bureau. Cette expérience lui donnera sans doute une sensibilité aux équilibres territoriaux, utile dans un contexte où la structuration de l'offre est au cœur de toutes les négociations.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/derriere-les-sigles-tout-savoir-sur-la-has-quand-est-medecin

La vraie question : les médecins dans la boucle ?

La DGOS n'est pas censée être dirigée par un clinicien, c'est un organe de régulation, pas une société savante. Mais dans un contexte d'épuisement hospitalier, de crise de la médecine de ville et de défiance croissante entre praticiens et institutionnels, le choix répété de profils purement administratifs pose une vraie question.

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