« Depuis la rentrée c’est l’horreur pour les étudiants », selon la présidente de l'Anemf

D’une voix dynamique, Morgane Gode-Henric, présidente de l’Anemf depuis juillet, raconte ces derniers mois. Entre la rentrée universitaire marquée par la réforme de la Paces, la Covid toujours aussi virulente, et le manque de moyens, la santé mentale des étudiants en médecine se détériore de mois en mois.

What's up Doc. Entre la seconde vague et la rentrée de septembre, vous avez choisi la bonne période pour devenir présidente ! Avant de commencer on a envie de vous demander : comment allez-vous ?

 
Morgane Gode-Henric. (Rires) Ecoutez, j'ai connu meilleure période ! On reçoit des appels tous les jours en ce moment pour nous dire à quel point les étudiants et leur famille ne vont pas bien. Le stress est très important. Par exemple, tous les cours en présentiel ont été annulés et les étudiants se retrouvent très isolés.
 

WUD. Le mois de septembre a aussi été le top départ de la réforme de la Paces. Comment s'est passée sa mise en place ?

 
M. G.-H. En pleine pandémie, ils ont choisi de maintenir cette réforme sans aucune préparation ni moyen financier. Résultat, on se retrouve avec des étudiants qui ne savent toujours pas quand vont être leurs examens ni quelles vont être les modalités d’évaluation. On en est au point où des étudiants et des parents nous appellent à l’aide. Il y a un vrai manque de communication. Nous, tout ce que l’on demande, c’est une vraie réforme ambitieuse avec des moyens financiers et humains pour permettre à toutes et tous d’étudier dans les meilleures conditions possibles. C’est même le minimum vital pour éviter la détresse psychologique dans laquelle est plongée une partie des étudiants.
 

Certains externes se sont retrouvés à devoir pratiquer des soins qu’ils n’avaient jamais fait auparavant

WUD. Cette détresse psychologique dont vous parlez, ne vient-elle pas aussi de ces derniers mois particulièrement stressants à cause du Covid-19 ? 

 
M. G.-H. Justement parlons-en de ça aussi ! Des externes ont été mobilisés pour lutter contre la Covid-19. Et ils ont répondu présents. Sauf que faute de ressources suffisantes et d’encadrement, certains externes se sont retrouvés à devoir pratiquer des soins qu’ils n’avaient jamais fait auparavant sans personne pour leur apprendre comment faire. Et ça non plus, ce n’est pas normal. Comment voulez-vous que ça se passe bien pour les étudiants en médecine dans ces conditions ?
 

WUD. Après cette rentrée que vous décrivez comme très compliquée, comment imaginez-vous les prochains mois ?

 
M. G.-H. Depuis la rentrée, c’est l’horreur pour les étudiants. Beaucoup nous demandent de l’aide parce qu’ils ne connaissent toujours pas les modalités d'évaluation. C’est très problématique et sur le long terme les effets vont être catastrophiques. Toutes ces difficultés on les fait remonter aux conseillers dans les ministères que l’on rencontre, mais jusqu’à présent nous n’avons pas été entendus. Nous sommes arrivés à un point de rupture. Nous ne disons pas que cette réforme R1C est à 100 % mauvaise, juste que la crise du Covid a ralenti sa mise en place et qu’il aurait fallu attendre un peu. Ce n’était pas le moment du tout de mettre en place cette réforme. Là, on est à bout, et nous ne sommes qu’en novembre. 

Portrait de Elodie HERVE

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